Guinée-Bissau/Transition: Qui en veut au PAIGC, plus grande formation d’opposition?

Le principal parti d'opposition de Guinée-Bissau, le PAIGC (Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), a dénoncé ce 29 novembre l'"envahissement" de son siège dans la capitale et des "dégradations" par des "miliciens armés".

Afriquinfos Editeur
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Le général Horta N'Tam pendant sa prestation de serment comme chef de la Transition à Bissau, le 27 novembre 2025 en Guinée-Bissau.
Le général Horta N'Tam pendant sa prestation de serment comme chef de la Transition à Bissau, le 27 novembre 2025 en Guinée-Bissau.

Le principal parti d’opposition de Guinée-Bissau, le PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), a dénoncé ce 29 novembre l' »envahissement » de son siège dans la capitale et des « dégradations » par des « miliciens armés » alors que des échauffourées mineures ont eu lieu dans un quartier périphérique entre jeunes et forces de l’ordre, selon des journalistes de l’AFP.

Mercredi, 26 novembre, des militaires ont annoncé avoir renversé le Président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo et suspendu les élections présidentielle et législatives du 23 novembre, dont les résultats devaient être annoncés cette semaine dans ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest. La junte a depuis nommé un Président d’une transition censée durer un an et un Premier ministre.

Le Président et candidat à la présidentielle de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, lors d'un rassemblement, à Bissau, le 21 novembre 2025.
Le Président et candidat à la présidentielle de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, lors d’un rassemblement, à Bissau, le 21 novembre 2025.

Le PAIGC, parti historique et puissant parti d’opposition en Guinée-Bissau, a dénoncé dans un communiqué que son siège a été « illégalement envahi par des groupes miliciens fortement armés » ce 29 novembre. Selon le PAIGC, ces derniers ont « procédé à l’expulsion de toutes les personnes qui s’y trouvaient, à l’effraction des portes de bureaux et à la grave violation de l’intégrité des installations ». Le parti dénonce aussi une « intolérable violation des principes fondamentaux de l’État de droit« . « La destruction, l’occupation forcée et l’usurpation des installations d’un parti politique légalement constitué et reconnu engendrent une responsabilité civile, criminelle et politique pour tous leurs auteurs, matériels ou moraux », relève-t-il.

« Il s’impose de questionner la véritable motivation sous-jacente à une telle action du régime, considérant que le PAIGC n’est pas impliqué dans l’actuel processus électoral », affirme le communiqué. Le principal opposant bissau-guinéen Domingos Simoes Pereira – dirigeant du PAIGC, parti ayant mené la Guinée-Bissau à l’indépendance en 1974 – avait été écarté de la présidentielle du 23 novembre. Le parti avait ensuite soutenu le candidat d’opposition Fernando Dias, devenu le principal adversaire de M. Embalo lors du scrutin du 23 novembre dernier.

M. Pereira a été arrêté mercredi dernier en Guinée-Bissau, selon des proches et un collaborateur. Dans une déclaration ce 27 novembre à l’AFP, M. Dias affirme avoir largement remporté la présidentielle au premier tour et accuse M. Embalo – qui a depuis quitté la Guinée-Bissau – d’avoir « organisé » le coup d’Etat pour empêcher son accession au pouvoir. M. Dias affirme être « en sécurité » et se cacher dans le pays.

Par ailleurs, des échauffourées mineures ont eu lieu ce 29 novembre dans un quartier périphérique de Bissau, non loin du siège de campagne de Fernando Dias, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des jeunes ont incendié des pneus, disparaissant peu après. Les Forces de l’ordre ont sécurisé toute la zone, et aucun manifestant n’était plus visible sur les lieux.

© Afriquinfos & Agence France-Presse