Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé ce 05 février le Gouvernement du Burkina Faso à revenir sur sa volonté d’interdire tous les partis politiques et à mettre fin à toutes les formes de restrictions de l’espace civique.

La Transition militaire au pouvoir au Burkina Faso a annoncé le 29 janvier vouloir dissoudre les partis politiques, dont les activités sont suspendues depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022, le deuxième en huit mois, ayant porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré. « Ce n’est pas un pas dans la bonne direction pour les droits humains du peuple du Burkina Faso« , a déclaré le Haut-Commissaire, cité dans un communiqué.
« Un véritable espace civique et démocratique, permettant l’expression de voix pluralistes des partis et organisations politiques, et un Etat de droit renforcé sont essentiels à une paix, une sécurité et une cohésion sociale durables au Burkina Faso« , a-t-il ajouté.
Le capitaine Traoré est arrivé au pouvoir en septembre 2022 en renversant une autre Transition (MPSR I) déjà au pouvoir et a sévèrement accru la répression des voix dissidentes depuis. Le régime, qui défend une politique dite souverainiste, anti-impérialiste et décoloniale, assume « ne pas être une démocratie ».
M. Türk appelle les autorités à « abroger les lois restrictives, permettre et faciliter l’acheminement rapide et sans entrave de l’aide humanitaire à toutes les personnes qui en ont besoin à travers le pays, et libérer inconditionnellement les personnes détenues arbitrairement« .
« Bien que les autorités aient libéré l’année dernière plusieurs personnes détenues arbitrairement », le Haut-Commissariat continue de recevoir d’autres allégations de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires, notamment de journalistes, de membres du pouvoir judiciaire, ainsi que de dirigeants de partis politiques et d’organisations de la Société civile.
Il rappelle qu’au cours de 2025, les autorités ont suspendu les activités de plusieurs organisations nationales et internationales, « soit sans aucune explication, soit sous des prétextes vagues ». M. Türk souligne également que les autorités ont promulgué en juillet 2025 une nouvelle loi restrictive sur la liberté d’association et indique que, depuis le 11 novembre 2025, un décret impose aux ONG et aux associations d’ouvrir et de gérer leurs comptes bancaires exclusivement auprès d’une banque d’Etat.
Dans une feuille de route convenue entre le Haut-Commissariat et le Burkina Faso en décembre 2025, le Gouvernement « s’est engagé à mettre fin à l’impunité et à respecter les droits humains dans le contexte des opérations de sécurité et militaires, à apporter une assistance aux victimes, à respecter les libertés fondamentales et à renforcer les capacités des mécanismes nationaux de protection des droits humains et de prévention de la torture« , indique le communiqué.
« Ces engagements sont importants et doivent se traduire urgemment par des actions concrètes« , a insisté M. Türk.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



