Burkina Faso: Ligne de défense de ‘l’ONG INSO’ face à l’arrestation de 8 de ses cadres

"Nous rejetons catégoriquement les allégations concernant nos activités au Burkina Faso et restons déterminés à tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de tous nos collègues", dit l'ONG INSO.

Afriquinfos Editeur
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Logo de l'ONG INSO (spécialisée dans la sécurité humanitaire).
Logo de l'ONG INSO (spécialisée dans la sécurité humanitaire).

L’ONG INSO (spécialisée dans la sécurité humanitaire) a réfuté ce 08 octobre les accusations d’espionnage émises par la Transition du Burkina Faso pour justifier l’arrestation de responsables de l’organisation ces dernières semaines.

« Nous rejetons catégoriquement les allégations concernant nos activités au Burkina Faso et restons déterminés à tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de tous nos collègues« , a fustigé INSO dans un communiqué. « Associer notre travail de renforcement de la sécurité des humanitaires à des activités de renseignement est non seulement faux, mais ne fera qu’accroître les risques pour les travailleurs humanitaires« , poursuit-elle.

L’ONG fournit notamment des analyses sécuritaires pour d’autres associations humanitaires. Ce 07 octobre, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a qualifié INSO « d’ONG étrangère, dirigée par des étrangers, qui collectait et fournissait des informations sécuritaires sensibles pouvant être préjudiciables à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso, à des puissances étrangères« .

Il a précisé que malgré la suspension de ses activités décrétée le 31 juillet dernier, certains responsables de l’ONG « ont continué à mener clandestinement ou de façon détournée des activités telles que des collectes d’informations et de réunions en présentiel ou en ligne« .

Le directeur pays de l’ONG avait été arrêté le 28 juillet, explique INSO, dans son communiqué, ce 08 octobre. Depuis, « quatre autres membres du personnel national et trois membres du personnel international ont été arrêtés, dont notre Directeur global des programmes, qui s’était rendu dans le pays, muni de toutes les autorisations nécessaires, dans l’espoir de rencontrer les autorités compétentes et de résoudre la situation« , déplore l’ONG. « Au cours des trois derniers mois, nous avons pleinement coopéré à l’enquête en cours menée par les autorités burkinabè« , poursuit INSO qui assure avoir cherché à « engager un dialogue direct » avec le ministre Sana.

La porte-parole de la diplomatie tchèque Mariana Wernerova a confié ce 08 octobre que le ministère des Affaires étrangères était « au courant de l’affaire et en contact avec la famille » et qu’il étudiait « les moyens les plus appropriés de fournir une assistance consulaire« .

Au total, depuis fin juillet 2025, huit membres d’INSO ont été arrêtés: le directeur pays, un Français, son adjointe franco-sénégalaise, le directeur global des programmes, tchèque, de l’organisation basée à la Haye (Pays-Bas) ainsi qu’un ressortissant malien et quatre Burkinabè. Ils sont accusés par les autorités « d’espionnage et de trahison » et les activités de l’ONG avaient été suspendues dans le pays le 31 juillet dernier.

© Afriquinfos & Agence France-Presse