Les nouvelles attaques djihadistes complexes contre le Mali interrogent sur le Sahel central à plusieurs égards

Le Mali est plongé dans une situation sécuritaire critique après une série d'attaques coordonnées sans précédent menées ce 25 avril à travers le pays par des jihadistes alliés à la rébellion touareg (FLA) contre des positions stratégiques du pouvoir malien.

Afriquinfos Editeur
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Carte du Mali.
Carte du Mali.

Le Mali est plongé dans une situation sécuritaire critique après une série d’attaques coordonnées sans précédent menées ce 25 avril à travers le pays par des jihadistes alliés à la rébellion touareg (FLA) contre des positions stratégiques du pouvoir malien.

Vue aérienne de la Route nationale 16 (RN16), entre Sévaré et Gao, le 5 novembre 2021 au Mali.
Vue aérienne de la Route nationale 16 (RN16), entre Sévaré et Gao, le 5 novembre 2021 au Mali.

Cette situation au Mali depuis samedi – attaques coordonnées d’ampleur et présence des groupes armés dans plusieurs villes, décès du ministre de la Défense – est sans précédent depuis près de 15 ans et les évènements de mars 2012. A l’époque, des rebelles indépendantistes touareg, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) avaient pris le contrôle des villes de Kidal, Gao puis Tombouctou, dans le nord.

 Le Mali est depuis en proie aux conflits et aux violences jihadistes, mais les attaques de ce 25 avril des jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, allié à Al-Qaïda) et de la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) sont également inédites depuis la prise du pouvoir en aout 2020 de la Transition en cours.

Dimanche, en fin de journée, les combats avaient baissé d’intensité sur le territoire, ont constaté des journalistes de l’AFP. La Confédération AES (formée du Mali, du Burkina et du Niger, sécessionnistes de l’organisation régionale CEDEAO jugée inféodée à la France et tous dirigés par des militaires), a dénoncé « un complot monstrueux soutenu par les ennemis de la libération du Sahel », dans un communiqué daté du 25 avril, mais transmis à l’AFP ce 26 avril.

Les rebelles du FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, ont revendiqué le contrôle « total » de la ville-clef de Kidal (nord), après des affrontements qui avaient repris dans la matinée et qui se sont interrompus. Le FLA a aussi annoncé être parvenu à un « accord » permettant aux soldats russes de l’Africa Corps (organisation paramilitaire russe contrôlée par Moscou) de se retirer de Kidal.

 Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l’Armée malienne appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner (devenu Africa Corps depuis), mettant fin à plus d’une décennie de contrôle par des groupes rebelles. Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao (nord). Les combats ont cessé mais les rebelles se trouvent toujours aux abords de la ville, a indiqué un élu à l’AFP.

Le calme est aussi revenu à Kati, ville-garnison et fief de la Transition militaire malienne, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale, après des tirs signalés dans la matinée, selon un habitant interrogé par l’AFP.

Mais à Sévaré (centre), la situation restait « confuse » et des coups de feu sont encore entendus par endroits, d’après un élu local. Selon un bilan annoncé par le Gouvernement, les combats depuis samedi ont fait 16 blessés civils et militaires et des « dégâts matériels limités », mais le nombre de victimes pourrait s’alourdir, notamment chez les civils, de l’avis de plusieurs observateurs.

En septembre 2024, le JNIM avait déjà revendiqué une double attaque d’une rare ampleur contre l’aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l’Ecole de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.

© Afriquinfos & Agence France-Presse