Le Mali est plongé dans une situation sécuritaire critique après une série d’attaques coordonnées sans précédent menées ce 25 avril à travers le pays par des jihadistes alliés à la rébellion touareg contre des positions stratégiques de la Transition au pouvoir. L’Armée (FAMa) a continué ce 26 avril de combattre sporadiquement, sur le terrain, les assaillants.

Coup dur porté au régime militaire, le ministre de la Défense, Sadio Camara, 47 ans, un des principaux responsables de la junte, a été tué lors des attaques « terroristes » samedi par « un véhicule piégé conduit par un kamikaze » ayant ciblé sa résidence à Kati, a dit le Gouvernement dans un communiqué dans la soirée de ce 26 avril, confirmant son décès déjà annoncé par ses proches un peu plus tôt dans la journée.
Lors des « incidents terroristes » ayant visé sa résidence, le général Camara a « engagé des échanges avec les assaillants parmi lesquels il a réussi à neutraliser certains », a relaté un communiqué officiel. Le général Camara a été blessé puis transporté à l’hôpital où « il a malheureusement succombé« , a complété le communiqué selon lequel il aura droit à « des funérailles nationales« .
De son côté, le général Assimi Goïta, chef de la Transition, n’a pas été vu ni n’a pris la parole depuis le début des hostilités. Une source sécuritaire malienne a indiqué à l’AFP qu’il « a été exfiltré de Kati dans la journée du 25 avril, et se trouve en lieu sûr ». Mais plusieurs observateurs s’étonnent de son silence, ainsi que de celui des deux autres Transitions de l’AES (Alliance des États du Sahel), une Confédération qui, outre le Mali, regroupe le Niger et le Burkina Faso.
Le JNIM, qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, a proclamé dans la soirée de ce 25 avril la « victoire » à la suite de ces attaques, estimant qu’elle est le fruit d’un travail acharné », d’une coordination avec ses « partenaires » et « grâce à la participation active de nos frères du FLA ». La CFR (Coalition des Forces pour la République), mouvement auquel appartient l’influent imam malien en exil Mahmoud Dicko, a estimé ce 26 avril dans un communiqué que le Mali était « en danger ». La Transition « a promis aux Maliens la sécurité, la stabilité et le retour de l’État. Aujourd’hui, ces symboles sont frappés« , selon la CFR.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



