Cacao africain/Harmonisation des politiques de prix bord champ: Décisions disruptives prises ADO et John Mahama ce 16 juin à Abidjan

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Alassane Ouattara, et son homologue ghanéen, John Dramani Mahama (DR)

Abidjan (© 2026 Afriquinfos)- Le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, et son homologue ghanéen, John Dramani Mahama, ont co-présidé, ce mardi 16 juin 2026 à Abidjan, un Sommet, consacré à l’« Initiative Cacao ».

Le Sommet d’Abidjan consacré à « Initiative Cacao » a réuni les Présidents ivoirien et ghanéen huit ans après la Déclaration d’Abidjan de mars 2018. Ce cadre bilatéral a permis de réaffirmer la volonté commune des deux géants de la filière d’exercer un pouvoir de marché cohérent et de sécuriser les revenus de leurs planteurs.

Lors de l’ouverture du sommet, le chef de l’État ivoirien a rappelé le poids stratégique de cette culture. La Côte d’Ivoire et le Ghana concentrent à eux seuls plus de 60 % de la production mondiale de cacao, un chiffre qui grimpe à près de 80 % à l’échelle du continent africain.

Cette filière fait vivre plusieurs millions de personnes en zone rurale et génère les ressources nécessaires au financement des politiques de développement des deux nations. Son « avenir constitue, pour nos deux États, un enjeu majeur de souveraineté économique, de stabilité sociale », a déclaré Alassane Ouattara.

Il a insisté sur le rôle central du producteur : « C’est lui qui, par son travail quotidien, nourrit l’industrie mondiale du chocolat. Pour lui, le planteur doit demeurer au centre de toutes nos décisions » face aux chocs du marché et au défi climatique.

Le président ivoirien s’est réjoui des acquis de l’« Initiative Cacao », notamment l’instauration du Différentiel de revenu décent (DRD) qui a prouvé l’efficacité d’une action concertée sur les cours mondiaux. Cependant, des défis majeurs persistent.

Alassane Ouattara a pointé du doigt la volatilité continue des prix qui pèse sur les finances publiques, ainsi que les menaces environnementales et structurelles : les effets du changement climatique, le vieillissement des vergers, les maladies du cacaoyer et la pression sur le foncier rural accentuée par l’orpaillage illégal.

À ces problématiques locales s’ajoutent les nouvelles exigences internationales en matière de traçabilité et de durabilité, ainsi que l’apparition de produits de substitution. Selon le chef de l’État, la réponse doit être collective, avec pour priorité absolue la garantie d’une rémunération digne pour le paysan.

Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a salué le succès de ce partenariat stratégique et a appelé à privilégier fermement « la coopération plutôt que la compétition ». Tout en félicitant le secrétariat exécutif de l’ « Initiative Cacao ».

Il a exhorté la Côte d’Ivoire à poursuivre ses investissements pour accroître la production. M. Mahama s’est également positionné en faveur d’une extension de cette alliance à d’autres producteurs du continent, précisant que le bloc ivoiro-ghanéen devait en rester le porte-flambeau.

Engagement à harmoniser les politiques de prix d’achat

Les travaux se sont clôturés par l’adoption d’une Déclaration conjointe, lue par le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Les deux États se sont engagés à harmoniser leurs politiques de prix d’achat bord champ.

Ces deux pays voisins de l’Afrique de l’Ouest ont décidé de placer le planteur en priorité au cœur de la chaîne de valeur et du partage des bénéfices, de renforcer leur coopération scientifique et d’élargir l’ « Initiative Cacao » à d’autres pays africains afin de maximiser leur pouvoir de négociation sur les marchés mondiaux et de répondre ensemble aux nouvelles exigences réglementaires.

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