Mali: Encore des combats ce 26 avril, incertitudes autour des avancées rebelles et des FAMa

Les combats ont repris dans la matinée de ce 26 avril entre les rebelles et l'Armée malienne (FAMa), soutenue par des mercenaires russes, à Kidal (nord) et à Kati, au lendemain des attaques coordonnées du JNIM et des rebelles touaregs du FLA qui ont provoqué officiellement "16 blessés".

Afriquinfos Editeur
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Une colonne de fumée s'élève depuis un quartier de Bamako, le 26 avril 2026.
Une colonne de fumée s'élève depuis un quartier de Bamako, le 26 avril 2026.

Les combats ont repris dans la matinée de ce 26 avril entre les rebelles et l’Armée malienne (FAMa), soutenue par des mercenaires russes, à Kidal (nord) et à Kati, au lendemain des attaques coordonnées du JNIM et des rebelles touaregs du FLA qui ont provoqué officiellement « 16 blessés ».

Images montrant une accalmie dans les rues de la capitale, Bamako, au lendemain d’attaques coordonnées ayant visé plusieurs villes au Mali. Les autorités assurent que la situation est sous contrôle. 

Ces rebelles touaregs ont annoncé être parvenus à un « accord » permettant aux soldats russes de l’Africa Corps (organisation paramilitaire russe contrôlée par Moscou) de se retirer de Kidal, qu’ils disent « désormais » contrôler « totalement. » Le FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, avait assuré ce 25 avril contrôler Kidal après des combats dans cette ville, bastion de la rébellion touareg.

Le Gouvernement malien a affirmé ce 25 avril avoir « mis en échec » des attaques « complexes et coordonnées » menées contre plusieurs villes du pays, dont Bamako, Kati et Kidal.

Mais les combats y avaient repris dimanche matin, selon les rebelles, qui ont dit vouloir « déloger les derniers combattants russes qui se sont réfugiés » dans un camp, a dit un porte-parole, Mohamed Ramdane. Selon une source diplomatique interrogée par l’AFP à la mi-journée, « les combattants russes de Kidal ont décidé de quitter leur position » et se « coordonnent avec les rebelles du FLA sur leur départ« .

Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l’Armée malienne, appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner (devenu Africa Corps depuis), mettant fin à plus d’une décennie de contrôle par des groupes rebelles. Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao (nord).

A Kati, ville-garnison et fief du pouvoir de Transition depuis 2020, des tirs « sporadiques et nourris par moments » ont été entendus ce 26 avril, ont affirmé à l’AFP des habitants. « Les combats (y) ont repris (dans la matinée) un peu partout. Les jihadistes sont vers la colline » au-dessus de la ville, a déclaré à l’AFP un résident. « L’aviation est aussi entrée dans la danse« , a affirmé un autre.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée de ce 25 avril, le JNIM, qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, a proclamé la « victoire » à la suite de ces attaques, estimant qu’elle est le « fruit d’un travail acharné« , d’une coordination avec ses « partenaires » et « grâce à la participation active de nos frères » du FLA.

Il déclare assumer « la responsabilité » pour les assauts ayant visé ce 25 avril « le siège du Président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati« .

Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation ÉI (Etat islamique), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes. En septembre 2024, le JNIM avait revendiqué une double attaque d’une rare ampleur contre l’aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l’Ecole de gendarmerie, attaque inédite qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.

© Afriquinfos & Agence France-Presse