L’armée malienne poursuit les combats ce 26 avril contre des jihadistes alliés à des séparatistes touareg près de la capitale et dans le nord du pays sahélien, après les attaques coordonnées sans précédent de la veille contre le pouvoir de Transition dont le ministre de la Défense est mort.
Le Mali est en proie depuis plus d’une décennie aux conflits et aux violences jihadistes, mais depuis la prise du pouvoir en 2020 par une Transition militaire, les attaques de ce 25 avril des jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, allié à Al-Qaïda) et de la rébellion touareg du FLA (Front de libération de l’Azawad) sont inédites. Dès l’aube ce 25 avril, des combats ont opposé l’Armée et les assaillants et se sont poursuivis intensément dans l’après-midi du même jour en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du pays, dont Kati, fief du pouvoir militaire près de Bamako, mais aussi à Kidal (nord), Gao (nord) et Sévaré (centre).
Ils ont fait 16 blessés civils et militaires et des « dégâts matériels limités », a indiqué le Gouvernement dans un communiqué publié dans la soirée de ce 25 avril. Le général Assimi Goïta, chef de la Transition, n’a pas été vu ni n’a pris la parole depuis le début des hostilités. Une source sécuritaire malienne a indiqué à l’AFP qu’il « a été exfiltré de Kati dans la journée de samedi et se trouve en lieu sûr « . Mais plusieurs observateurs s’étonnent de son silence, ainsi que de celui des deux autres Transitions de l’AES (Alliance des États du sahel), une Confédération qui, outre le Mali, regroupe le Niger et le Burkina Faso.
Le ministre de la Défense, Sadio Camara, 47 ans, un des principaux responsables du pouvoir malien, a été tué dans l’attaque menée par le JNIM contre sa résidence. « Dans l’attaque de Kati, le ministre Camara a été tué ainsi que sa seconde femme« , a dit à l’AFP un membre de sa famille. « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur« , a dit à l’AFP une source gouvernementale, confirmée par d’autres sources militaires.
Selon des habitants, la résidence du ministre à Kati a été en grande partie détruite ce 25 avril par une forte explosion. Son entourage avait démenti des allégations selon lesquelles M. Camara était blessé.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



