Pretoria (© 2026 Afriquinfos)- La chanteuse sud-africaine Tyla retire de sa tournée son concert à Lagos, au Nigeria, sur fond de tensions liées aux violences xénophobes dans son pays.
Tyla, connue pour des succès tels que Water et pour ses collaborations avec les artistes américains Cardi B et Travis Scott, avait annoncé le 27 juillet les étapes de la tournée mondiale de son deuxième album, A*pop, avec des concerts notamment à Lagos, capitale économique du Nigeria, ainsi qu’à New York (Etats-Unis), Paris (France) et Le Cap (Afrique du Sud).
Le 31 juillet au matin, l’étape de Lagos, programmée pendant la période des festivités de fin d’année connue au Nigeria sous le nom de « Detty December », a disparu du calendrier figurant sur le site internet de l’artiste. Contactée par l’AFP, l’équipe de Tyla n’a pas répondu pour le moment.
Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud est le théâtre de manifestations et de violences visant des ressortissants étrangers, accusés par certains de prendre les emplois des Sud-Africains. Les autorités reconnaissent la mort d’au moins quatre étrangers, tandis que plusieurs pays africains évoquent un bilan plus lourd.
Les gouvernements du Nigeria et du Ghana ont été les plus véhéments dans leurs critiques de la manière dont le gouvernement sud-africain a géré ces manifestations xénophobes. Les tensions étaient palpables cette semaine lors d’une rencontre entre de hauts responsables d’Abuja et de Pretoria au ministère nigérian des Affaires étrangères.
Selon un décompte de l’AFP, plus de 160 000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud depuis la fin du mois de mai, à la faveur des opérations de rapatriement organisées par plusieurs gouvernements africains, dont environ 1 500 Nigérians.
Au cours des dernières semaines, des manifestations et des violences, parfois meurtrières, à l’encontre des étrangers, accusés de prendre le travail des Sud-Africains, ont secoué le pays.
L’Afrique du Sud, première économie du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, en situation régulière ou sans papiers. Confronté à un taux de chômage supérieur à 30%, le pays a connu des vagues répétées de manifestations xénophobes et anti-migrants, avec une recrudescence de la violence au cours des dernières semaines.
Les autorités sud-africaines affirment qu’au moins quatre ressortissants étrangers ont été tués dans des attaques liées aux manifestations anti-immigrés. Plusieurs gouvernements africains, qui ont rapatrié leurs ressortissants, avancent toutefois un bilan plus lourd.
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