Paris (© 2026 Afriquinfos)- Une semaine après avoir déjoué la mutinerie des 28 et 29 août 2026 à Niamey avec l’aide de ses alliés russes, le Niger à travers l’un de ses capitaines, se présentant comme Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste, a accusé ouvertement le Bénin, la Côte d’Ivoire, la France et le Tchad, ainsi que la Cedeao et l’entourage de l’ancien Président Mohamed Bazoum, d’avoir soutenu les mutins du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales retranchés sur la base aérienne 101. Ces pays à leur tour, se sont prononcés.
Premier pays nommément visé à réagir officiellement, le Bénin a fermement rejeté les accusations ce vendredi 5 septembre au matin. Devant la presse à Cotonou, le Ministre porte-parole du gouvernement Wilfried Houngbedji a déclaré : ‘’Personne ne peut croire à ces allégations. La conviction du gouvernement, c’est que, à un moment ou à un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi et que les relations vont se normaliser. Nous n’avons aucun doute là-dessus’’.
Vendredi, le Conseil des Ministres du Niger a estimé que cette attaque avait été fomentée par un vaste réseau de complices dirigé par la France, selon un communiqué. Le Niger a également indiqué qu’il se réservait le droit d’intenter des actions devant la justice internationale.
Le Ministre français des Affaires étrangères a rejeté, ce samedi 5 septembre, les accusations du Niger selon lesquelles la France aurait incité des soldats à se mutiner. Interrogé sur la radio RFI, Jean-Noël Barrot a déclaré qu’il n’y a jamais eu d’« intention » ni de « moyen » mobilisé par la France pour fomenter une telle mutinerie.
« Tout cela est, comme d’habitude, une manière de pointer du doigt à tort une responsabilité de la France qui n’existe tout simplement pas », a réagi le Chef de la diplomatie française.
Niamey accuse régulièrement la France, ancien colonisateur jusqu’en 1960, d’être derrière les tentatives de déstabilisation, ce que Paris nie.
A N’Djamena, aucune note officielle, mais une réponse très symbolique. Le lundi 1er septembre au soir, quelques heures seulement après la diffusion du message du capitaine, le Président Mahamat Idriss Déby Itno a publié sur sa page Facebook officielle le verset 42 de la sourate Al-Baqara : « Et ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité. »
Le message se termine par la formule rituelle « Allah le Majestueux a dit la vérité », sans mentionner ni le Niger ni le capitaine Roger Gabriel.
Le contexte ne laisse pourtant guère de doute. Dans son témoignage, le capitaine affirmait avoir été contacté par un officier tchadien, présenté comme le colonel Hassan Adoum, qui lui aurait annoncé qu’une intervention était en cours depuis le Tchad avec des forces spéciales françaises pour soutenir les mutins. Des sources militaires tchadiennes contactées par la presse locale ont démenti, sans communiqué officiel.
Cette référence coranique, habituellement utilisée pour appeler à la droiture face à la tromperie, a été interprétée par de nombreux observateurs tchadiens et nigériens comme un démenti voilé.
La Côte d’Ivoire n’a pas encore réagi pour le moment, mais elle avait déjà, en décembre 2024 après des accusations similaires du Général Tiani, dénoncé par la voix de son Chef d’Etat-major Lassina Doumbia, des « contre-vérités proférées sans aucun début de preuve ».
Sur le terrain à Niamey, le calme est revenu. Les autorités annoncent la saisie de 382 fusils AK-47, 36 lance-roquettes RPG, 30 mitrailleuses PKM et 34 pick-up armés après des combats menés avec l’appui de combattants de l’Africa Corps russe.
Vignikpo Akpéné



