L’artiste Booba condamné pour dérives envers un journaliste de ‘France Info’

Afriquinfos Editeur
4 Min de Lecture
Le rappeur Booba (DR)

Paris (© 2026 Afriquinfos)- Le rappeur Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, a été condamné ce mardi 2 juin 2026, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour harcèlement en ligne et injures racistes contre Linh-Lan Dao, journaliste à France Télévisions, par le tribunal correctionnel de Paris, selon des informations diffusées par des médias français.

La journaliste Linh-Lan Dao avait porté plainte en avril 2024 contre le chanteur, qui vit aux États-Unis, pour l’avoir « jetée en pâture » à la « meute » numérique de ses plus de 6 millions d’abonnés sur le réseau X, à la suite d’un article de factchecking scientifique dénonçant la « dérive complotiste » de l’artiste après qu’il a évoqué un lien entre les vaccins contre la COVID-19 et la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Dans les heures suivant la publication de son article, Booba, monument du rap depuis les années 1990 en France, avait notamment proposé sur le réseau social à la journaliste ‘’un strip-poker sans cartes’’ autour « d’un bon wok de légumes ».

Par la suite, Linh-Lan Dao avait reçu énormément de commentaires sur son physique, ainsi que des messages transphobes et racistes, lors d’une vague de cyberharcèlement qui a eu des conséquences sur sa santé et son travail. La jeune femme a souffert d’un syndrome de stress post-traumatique et reçu une incapacité totale de travail de sept jours.

 ‘’La dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant’’, a estimé le tribunal dans sa décision consultée par l’AFP.

Pour les juges, les messages sur X de Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, ‘’visaient à s’en prendre, par des attaques gratuites, à une journaliste dans le cadre de sa profession, au seul motif que ses investigations parvenaient à une conclusion différente de la sienne, pour la faire taire’’.

Le tribunal a condamné le rappeur, qui ne s’était pas présenté au procès le 1er avril, à verser 4000 euros de dommages-intérêts à la partie civile.

« Le tribunal a reconnu qu’Élie Yaffa “Booba” ne pouvait pas ignorer qu’une meute allait être enclenchée à la suite de ses messages, c’est-à-dire qu’il a reconnu en quelque sorte sa responsabilité en tant que leader avec une communauté », s’est félicitée auprès de l’AFP à l’issue du jugement Me Ilana Soskin, avocate de la journaliste.

‘’ Je me sens extrêmement soulagée et satisfaite du jugement », a réagi auprès de l’AFP Linh-Lan Dao, « j’espère que je vais pouvoir tourner la page’’.

Dans un autre dossier également jugé mardi, Booba a été condamné à 20 000 euros (32 200 $) d’amende pour injure raciale envers un chroniqueur, Tristan Mendès-France, qui avait dénoncé sur X le cyberharcèlement de Linh-Lan Dao, pour des messages faisant allusion à son nez, ‘’reprise du stéréotype antisémite le plus éculé ‘’, selon le tribunal.

L’avocate de Booba, Me Marie Roumiantseva, a indiqué à l’AFP faire appel des deux condamnations.

Afriquinfos