Lomé (© 2025 Afriquinfos)- Le Togo a vécu en juin 2025 une nouvelle série de manifestations de rue pour réclamer plus de justice sociale et contester la gouvernance globale de Faure E. Gnassingbé au pouvoir depuis 2005. Cette fois-ci, pas de partis politiques ou de coalitions d’organisations de défense des droits de l’Homme au-devant de la lutte. Ce sont des jeunes togolais vivant dans la diaspora et qui, via les réseaux sociaux, mobilisent leurs compatriotes en quête de changement démocratique.
Des Togolais étaient dans les rues le 6 juin, consécutivement à l’arrestation de l’artiste Aamron et pour crier haro sur la gouvernance sous Faure Gnassingbé. Les 26, 27 et 28 juin, ils étaient à nouveau dans les rues. Ces manifestations fortement réprimées par les Forces de l’ordre et de sécurité « ont fait sept morts et des dizaines de blessés », selon des organisations de défense des droits humains. De nouveaux appels à la mobilisation ont été lancés sur les réseaux sociaux pour le mercredi 16 et le jeudi 17 juillet, jour des élections municipales.
Pas Jean-Pierre Fabre, Brigitte Adjamagbo ou autre Tikpi Atchadam pour appeler à la mobilisation, les consignes sont données via téléphones interposés depuis une ville française, canadienne ou états-unienne ou encore d’autres endroits du monde. Ce sont en effet de jeunes togolais de la diaspora qui sont à la tête de la contestation.
Ils se nomment Zaga Bambo, Togbevi Kpesse, Kodjovitoguin, Farida Nabourema, Don Picasso, Raoul Le Blanc, Hodako TV et Roméo Mokonzi, etc. Leurs armes, les lives sur les réseaux sociaux qui sont suivis par des milliers de personnes et dans lesquels ils dénoncent les dérives de gouvernance qui ont cours au Togo, leurs auteurs et appellent leurs compatriotes à s’indigner. Ils sont fortement soutenus par d’autres activistes togolais mais aussi de la sous-région ouest-africaine.
Même s’ils déclarent à qui veut l’entendre que leur Mouvement du 6 juin (M66) n’a pas de leader désigné, force est de constater que l’un des plus actifs est l’artiste Zaga Bambo, anciennement connu sous le nom de «Demonlassi». Vivant à l’étranger depuis quelques années notamment en France, il a, de tout temps, via des lives sur le réseau social Tiktok, appelé, au départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. Dans ses sorties, une phrase qui revient souvient: «On en a marre de Faure Gnassingbé. Nous aussi avons droit à la démocratie et à la prospérité». Zaga Bambo, Togbevi Kpesse, Kodjovitoguin et cie, y croient dur comme fer. Leurs mobilisations feront «tomber ce qu’ils appellent un régime barbare». Quand? Ils ne sauront le dire, mais pour eux, le combat continue en ligne…
S. B.



