Guy Marius Sagna s’attarde à nouveau sur l’actualité socio-politique au Togo

Afriquinfos Editeur
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Honorable Guy Marius Sagna (Dr Honorable Guy Marius Sagna)

Abuja (© 2025 Afriquinfos)- Quelques mois après son agression physique en terre togolaise, Guy Marius Sagna, député sénégalais et membre du Parlement de la CEDEAO, s’est de nouveau s’exprimé autour de l’actualité socio-politique au Togo.

Le député sénégalais Guy Marius Sagna, membre du Parlement de la CEDEAO, a prononcé un discours au vitriol, contre le régime togolais ce 3 juillet 2025, à Abuja. Dans sa diatribe, il a dénoncé les dérives autoritaires au Togo et l’opacité de la CEDEAO.

Le parlementaire connu pour son franc-parler a fustigé les récents changements constitutionnels au Togo, qui ont permis à Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après son père Eyadèma (1967-2005), de devenir Président du Conseil des Ministres, un poste sans limite de mandats. Ce changement, adopté en avril 2024 et finalisé le 3 mai 2025, est qualifié de «tripatouillage» par Sagna, visant à «perpétuer une dynastie» qui dure depuis 58 ans. Sur les cinq députés togolais au Parlement de la CEDEAO, seuls trois étaient présents. «Où sont les deux autres? Qu’en pensent-ils?», a-t-il questionné, déplorant leur silence. L’un d’eux a répondu ne pas être au courant des violences dénoncées, un mutisme que Sagna juge révélateur.

Sagna a rappelé en outre l’attaque brutale survenue il y a huit mois, le 29 septembre 2024, contre la députée togolaise Kafui Adjamagbo-Johnson, lors d’une conférence à Lomé. Des nervis, qu’il accuse d’avoir été envoyés par Faure Gnassingbé, ont bastonné Adjamagbo-Johnson, des journalistes, des membres de la Société civile et lui-même, député de la CEDEAO.

L’agression, survenue à 16h à visage découvert devant des gendarmes impassibles, visait à punir leur dénonciation des violations des droits des Togolais. «L’État togolais nous montre qu’il est plus fort à bastonner des députés qu’à arrêter des nervis», a-t-il dénoncé, qualifiant cela de «preuve parfaite de l’irrespect des droits des Togolais».

Le député a également critiqué la CEDEAO, pointant du doigt la suspension des retransmissions en direct des sessions depuis juillet 2024, une décision qu’il attribue à une volonté de censurer ses prises de position. «Le bilan de la CEDEAO, c’est aussi cette opacité, cet antidémocratisme, cette mauvaise gouvernance», a-t-il asséné. Sagna a présenté ses excuses pour la mauvaise qualité de la vidéo, tout en réaffirmant son identité togolaise et son admiration pour les Togolais «debout» face à la répression.

 M. Sagna avait été agressé lors d’une réunion politique de la DMP (Dynamique du Peuple) à Lomé en septembre 2024. Il a souligné que cette agression était une conséquence des critiques qu’il a toujours formulées à l’égard du pouvoir togolais.

V. A.