New York (© 2025 Afriquinfos)- Le 4 novembre, les New-Yorkais vont élire leur nouveau maire. Zohran Mamdani, jeune démocrate de 34 ans, d’origine afro-indienne, tient la corde pour remporter la ville grâce à une campagne fulgurante sur les réseaux sociaux.
Inconnu du grand public, Zohran Mamdani a défié tous les sondages en remportant en juin les primaires démocrates. Il fait face aujourd’hui à un des vaincus de ces mêmes primaires, Andrew Cuomo, l’ancien gouverneur de l’État de New York qui a décidé de poursuivre le combat en indépendant malgré sa défaite et le Républicain Curtis Sliwa.
Née en Ouganda et d’origine indienne par sa mère, la réalisatrice Mira Nair récompensée à Cannes en 88 pour son film Salaam Bombay!, l’homme était prédestiné à être un personnage de fiction et il en joue avec un univers graphique qui reprend sur ses affiches une esthétique du conte de fée.
C’est avant tout sur les petits écrans que Zhoran creuse son sillon. Il embrasse les codes des réseaux, de TikTok à Instagram : selfie facile, sourire avenant et charme certain. Comme l’analyse Ritchie Torres, démocrate du Bronx, il a parfaitement saisi la règle des « trois trois ». Un candidat pour séduire la GenZ doit être capable d’exprimer ses idées dans une vidéo verticale de 30 secondes taillée pour les réseaux, dans un hit télévisé de trois minutes et dans un podcast de trois heures.
Il joue la carte du peuple et des services publics en promettant la gratuité des transports en commun et le gel des loyers stabilisés de la ville pour permettre à tous de se loger. Ses ennemis désignés les milliardaires et les financiers qui sont pourtant légion dans la ville. Soutenu par Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, il s’insurge contre l’establishment démocrate qui a sonné la défaite des dernières présidentielles.
Zohran Mamdani a atténué son discours à l’approche du scrutin en multipliant les rencontres dans les salons feutrés pour adoucir son image. Un temps critique des interventions musclées du NYPD, la police de la ville, il a publié en 2020 sur Twitter en marge d’une manifestation en mémoire de George Floyd : « Nous n’avons pas besoin d’une enquête pour savoir que le NYPD est raciste, anti-queer et représente une menace majeure pour la sécurité publique« . Il s’est depuis excusé auprès des forces de l’ordre pour ce qu’il qualifie d’erreur de jeunesse.
Musulman pratiquant, il a fait de la cause palestinienne un argument de campagne en empathie avec un militantisme orphelin d’une représentation politique. Il a d’ailleurs juré en tant que future maire faire arrêter Benyamin Nétanyahou s’il mettait un pied à New York. Une promesse difficilement tenable juridiquement, mais qui fait mouche dans une opinion américaine qui condamne plus fermement les ravages de l’armée israélienne.
A une semaine du scrutin, le jeune candidat démocrate, autoproclamé socialiste, fait la course en tête dans les sondages, le fruit d’une campagne habile axée sur le coût de la vie dans la mégapole. Mais son positionnement très à gauche dérange jusque dans son camp et des questions demeurent sur le financement de ses mesures sociales.
A une semaine de l’élection du nouveau maire de New York, le 4 novembre, l’enjeu principal semble désormais de savoir si Zohran Mamdani peut encore perdre. Le candidat du Parti démocrate, inconnu il y a encore un an, mène la course pour diriger la plus grande ville des Etats-Unis. Les sondages lui prédisent autour de 45 % des suffrages, ce qui lui conférerait une large avance sur son principal adversaire, Andrew Cuomo (indépendant, autour de 30 %), et sur Curtis Sliwa (républicain, de 15 % à 20 %).
L’ambiance était à l’euphorie, dimanche 26 octobre, lors de son dernier meeting de campagne, dans l’enceinte historique du stade de Forest Hills, dans le Queens, qui, avec ses 13 000 places, accueille habituellement chanteurs et musiciens. Le rassemblement politique avait quasiment des airs de concert : on était venu célébrer l’homme du moment, l’autoproclamé « socialiste » sur le point de conquérir la capitale de la finance mondiale.
Zohran Mamdani a tenté de balayer ce sentiment de victoire avant l’heure, alors que le vote anticipé a commencé samedi. Face à une foule acquise à sa cause, le candidat qui a renversé une première fois Andrew Cuomo, l’ex-gouverneur de l’Etat, lors de la primaire du Parti démocrate en juin, alors qu’il n’avait pas les faveurs des sondages, a appelé à se méfier des projections.
V.A.



