Washington (© 2026 Afriquinfos)- Deux anciens locataires de la Maison Blanche ont crié haro sur de récentes tueries qui ont eu lieu à Minneapolis (Minnesota). L’ancien Président des Etats-Unis Barack Obama (2009-2017) a qualifié, dimanche 25 janvier, la mort d’Alex Pretti, un infirmier américain tué par des agents fédéraux la veille de ‘’tragédie déchirante’’. Tandis que Bill Clinton a, lui, exhorté les Américains à se lever.
Le démocrate Obama a appelé à un ‘’sursaut’ face aux ‘’attaques’’ perpétrées contre les valeurs fondamentales des Etats-Unis. ‘’Il revient à chaque citoyen de s’élever contre l’injustice, de protéger nos libertés fondamentales, et de faire rendre des comptes à notre Gouvernement’’, écrit Barack Obama dans un communiqué.
‘’Depuis des semaines maintenant, les gens à travers le pays sont, à juste titre, indignés par le spectacle de recrues masquées de l’ICE et d’autres agents fédéraux agissant en toute impunité et s’engageant dans des tactiques qui semblent conçues pour intimider, harceler, provoquer et mettre en danger les résidents d’une grande ville américaine’’, écrit encore l’ancien président.
M. Obama critique en outre Donald Trump et son administration, « empressés de faire empirer la situation » au lieu ‘’d’essayer d’imposer un semblant de discipline et de responsabilité aux agents qu’ils ont déployés’’.
Bill Clinton lève également le ton, Trump se justifie
L’ex-président démocrate Bill Clinton (1993-2001) a, lui, exhorté dimanche les Américains à ‘’se lever et s’exprimer’’, dénonçant des ‘’scènes horribles’’ à Minneapolis, où deux citoyens américains ont été tués par la police. ‘’Il appartient à tous ceux d’entre nous qui croient en la promesse de la démocratie américaine de se lever, de s’exprimer’’, a déclaré l’ancien dirigeant, estimant que l’administration Trump ‘’nous a menti’’ au sujet de ces deux décès.
Donald Trump a de son côté imputé dimanche la mort de deux Américains, tués par la police à Minneapolis, aux dirigeants démocrates des villes et Etats refusant de se conformer à sa répression de l’immigration. ‘’Malheureusement, deux citoyens américains ont perdu la vie à cause de ce chaos provoqué par les démocrates’’, a écrit le président américain sur sa plateforme, Truth Social. ‘’Le maire et le gouverneur poussent à l’insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante’’, a-t-il accusé, en appelant à laisser la police de l’immigration ‘’faire son boulot’’.
L’administration Trump avait un peu plus tôt défendu les actions d’agents fédéraux qui ont tué l’infirmier américain de 37 ans, deux semaines après la mort de Renee Good dans la même ville et dans des conditions similaires. Comme elle l’avait fait après la mort de Renee Good, l’administration Trump a immédiatement rejeté la faute sur Alex Pretti. ‘’On ne peut pas s’en prendre aux forces de l’ordre dans ce pays sans en subir les conséquences’’, a dit sur la chaîne Fox News le directeur du FBI, Kash Patel. Et la ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, a accusé Alex Pretti de ‘’terrorisme’’, car il s’apprêtait, selon elle, à mettre en danger les agents avec un pistolet dont les autorités ont publié une image.
Une analyse par plusieurs médias de plusieurs vidéos de l’événement semble pourtant contredire cette version. Les images montrent Alex Pretti plaqué au sol, avec autour de lui plusieurs agents tentant de le menotter, sur un sol verglacé. Quelques secondes plus tard, alors qu’un agent vêtu de gris semble retirer une arme au niveau de la taille d’Alex Pretti, alors agenouillé et penché en avant, avec plusieurs policiers au-dessus de lui, un coup de feu est tiré. Les agents s’écartent brutalement et tirent alors plusieurs fois à distance sur son corps inanimé. Au moins dix coups de feu sont entendus.
Dans un communiqué, les parents d’Alex Pretti ont accusé l’administration Trump de répandre «des mensonges écœurants » sur leur fils, «un être au grand cœur». De nombreux élus de l’opposition ont exprimé leur colère face aux allégations de l’administration Trump. Dimanche, sur CNN, le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy a ainsi accusé les responsables républicains d’être des «menteurs éhontés». «Cela devrait faire flipper le grand public américain que l’administration Trump mente de manière si facile», a-t-il ajouté.
Le gouverneur du Minnesota, le démocrate Tim Walz, avait réclamé samedi que l’enquête soit chapeautée par les autorités locales, et non fédérales. ‘’On ne peut pas se fier à l’Etat fédéral’’, a-t-il affirmé, avant d’accuser la police de l’immigration (ICE) de semer ‘’le chaos et la violence’’. Dans une décision samedi soir, un juge fédéral a par ailleurs ordonné à l’administration Trump de préserver les preuves liées à la mort d’Alex Pretti.
Dimanche, 25 janvier, à Minneapolis, de nombreuses personnes se sont recueillies dans un froid glacial devant un mémorial de fortune dressé en mémoire d’Alex Pretti, sur le lieu des tirs. Dans le centre de cette ville d’un peu plus de 400 000 habitants, près d’un millier de personnes se sont rassemblées à la mi-journée en hommage à l’infirmier et contre les actions des forces de l’ordre fédérales, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse.
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