Atrocités en cours à El-Fasher: L’UA, l’UE et l’ONU dénoncent et exhortent à l’action ferme

Afriquinfos Editeur
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Exactions massives à El-Fasher (DR-Rfi Afrique )

Addis-Abeba (© 2025 Afriquinfos)-Les informations terrifiantes se multiplient sur des exactions massives à El-Fasher, la capitale du Darfour tombée dimanche 26 octobre aux mains des milices FSR du général Hemedti. « Les massacres continuent », selon des images satellites analysées par le laboratoire de recherche humanitaire de l’université de Yale. Face à la situation, les réactions de l’Union Africaine, de l’Onu et de l’Union Européenne ne se sont pas fait attendre.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a fermement condamné les récentes atrocités commises à El Fasher, dans l’ouest du Soudan.

Dans un communiqué publié lundi soir, M. Youssouf a fait partie de sa « profonde inquiétude » face à l’escalade des violences et des atrocités rapportées à El Fasher, après la prise de la ville par les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires).

« Le président condamne avec la plus grande fermeté les graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, y compris les crimes de guerre présumés et l’assassinat de civils en fonction de leur ethnie », déclare le communiqué.

Il a rappelé à toutes les parties soudanaises leurs obligations de protection des civils à l’égard du droit international, et a averti que les coupables d' »actes aussi abominables » seraient tenus pour responsables.

L’ONU appelle à mettre un terme au siège d’El-Facher

Dans cette même veine, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé jeudi à mettre un terme à l’« escalade militaire » dans le pays, après le meurtre de plus de 460 personnes dans une maternité à El-Facher, ville clé prise par les forces paramilitaires.

Antonio Guterres s’est dit « gravement préoccupé par l’escalade militaire récente » à El-Facher, appelant à « mettre un terme immédiatement au siège et aux hostilités »

« Plus de 2000 civils ont été tués au cours de l’invasion de la milice [des FSR] à El-Facher, ciblant les mosquées et les volontaires du Croissant-Rouge », a pour sa part affirmé Mona Nour Al-Daem, chargée de l’aide humanitaire au gouvernement pro-armée.

L’Union européenne s’est dite ‘’gravement préoccupée’’ mardi par l’intensification des hostilités dans la ville soudanaise d’El-Fasher, et a appelé ‘’toutes les parties belligérantes à désamorcer la situation’’.

‘’Nous suivons de près la situation avec nos partenaires et nous veillons à ce que toutes les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme soient documentées’’, a affirmé un porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni. ‘’Il ne peut pas y avoir d’impunité’’, a-t-il assuré.

À El-Facher, le comité de résistance local, qui documente les exactions depuis le début du conflit, a rapporté mercredi soir avoir entendu des tirs dans l’ouest de la ville, « où quelques soldats restants combattent avec […] ténacité ».

Depuis dimanche, plus de 36 000 personnes ont fui les violences, majoritairement vers la périphérie d’El-Facher et vers Tawila, cité située à 70 kilomètres plus à l’ouest et qui était déjà la plus importante zone d’accueil du Soudan, selon l’ONU, avec plus de 650 000 déplacés.

De rares images de l’AFP en provenance de Tawila montrent des déplacés portant leurs affaires sur leur dos ou sur leur tête. Certains montent des tentes, d’autres, parfois blessés, sont assis dans des conditions précaires.

Des experts craignent une nouvelle partition du Soudan, après l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Mais le chef des FSR a affirmé mercredi que la prise complète du Darfour par ses forces favoriserait « l’unité » du pays.

Les pourparlers menés depuis plusieurs mois par le groupe dit du « Quad », qui réunit les États-Unis, l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, sont restés dans l’impasse, selon un responsable proche des négociations.

Leurs propositions de trêve se heurtent, selon lui, « à l’obstructionnisme continu » du pouvoir de M. Burhane, qui a refusé en septembre une proposition prévoyant à la fois son exclusion et celle des FSR de la transition politique post-conflit. 

El Fasher, capitale de l’État du Darfour du Nord, était assiégée de façon intensive par les FSR depuis plusieurs mois, ce qui a engendré un lourd bilan humain et une aggravation de la crise humanitaire. Les FSR ont annoncé dimanche qu’elles avaient pris le contrôle total d’El Fasher.

V.A.