Asile politique et protection du Nigeria à Dias Da Costa, grosse pierre dans le jardin d’Embalo

Asile politique et protection du Nigeria à Dias Da Costa, grosse pierre dans le jardin d'Embalo

Afriquinfos Editeur
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Fernando Dias (c), candidat du Parti de la rénovation sociale (PRS) à l'élection présidentielle, fait une déclaration à la presse après avoir voté à Mansoa, lors des élections présidentielles et législatives, le 23 novembre 2025 en Guinée-Bissau.
Fernando Dias (c), candidat du Parti de la rénovation sociale (PRS) à l'élection présidentielle, fait une déclaration à la presse après avoir voté à Mansoa, lors des élections présidentielles et législatives, le 23 novembre 2025 en Guinée-Bissau.

Une délégation de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a rencontré ce 1er décembre 2025 à Bissau les militaires qui se sont emparés du pouvoir en Guinée-Bissau, renouvelant sa condamnation du coup d’Etat et réclamant le retour à l’ordre constitutionnel. Mais, avec quels effets?

Le Nigeria a parallèlement annoncé avoir accordé l’asile à l’opposant Fernando Dias. Adversaire lors de la présidentielle du 23 novembre du président sortant Umaro Sissoco Embalo, il avait assuré avoir échappé à l’arrestation le jour du coup d’Etat et être caché depuis. Le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats des élections présidentielle et législatives dans ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest, des militaires ont renversé le Président sortant Embalo et suspendu le processus électoral en cours.

« Nous avons eu des discussions productives, les deux parties ont exprimé leurs inquiétudes », a déclaré à la presse, à l’issue de la rencontre avec la Transition, Alhaji Musa Timothy Kabba, ministre des Affaires étrangères de Sierra Leone, dont le Président Julius Maada Bio dirigeait la délégation de l’organisation régionale ouest-africaine.

La délégation a « condamné le coup d’Etat et demandé le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel, ce qui implique notamment de permettre au processus électoral d’aboutir à sa conclusion logique », a ajouté M. Kabba. Président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio, a indiqué sur X son « soutien inconditionnel au rétablissement de l’ordre constitutionnel ». Depuis le putsch, la CEDEAO a suspendu la Guinée-Bissau de « tous ses organes décisionnels ». De son côté, Joao Bernardo Vieira, ministre des Affaires étrangères tout juste nommé ce 29 novembre, a salué une « réunion très productive » et s’est engagé à « poursuivre les discussions pour trouver une solution le plus rapidement possible » à la nouvelle Transition que traverse son pays.

– « Impératif de paix » –

Le Nigeria a accordé l’asile politique à Fernando Dias qui avait raconté le lendemain du putsch (27 novembre) « être en sécurité » et se cacher dans le pays, après avoir pu échapper la veille à des hommes armés arrivés à son siège de campagne à Bissau pour l’arrêter.

Il avait affirmé le même jour avoir remporté la présidentielle, accusant M. Embalo d’avoir « organisé » le putsch ayant interrompu le processus électoral et porté des militaires au pouvoir. Le Gouvernement fédéral du Nigeria a décidé « d’accorder l’asile politique et de fournir protection à Fernando Dias Da Costa », a indiqué dans un texte le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, Alkasim Abdulkadir.

Cette décision n’est « guidée que par les seuls impératifs de la paix, de la sécurité des personnes et de la stabilité régionale », conformément au « rôle historique du Nigeria comme force de stabilisation en Afrique de l’Ouest », selon ce porte-parole. Brièvement arrêté par les militaires le jour du putsch, puis parti au Sénégal le lendemain dans un vol affrété par le Gouvernement sénégalais, le Président sortant Embalo est de son côté arrivé ce 29 novembre « à Brazzaville pour y rester », selon une source proche de la Présidence congolaise ayant requis l’anonymat.

L’histoire politique post-indépendance de la Guinée-Bissau, pays lusophone d’Afrique de l’Ouest un peu plus grand que la Belgique, est jalonnée de coups de force, réussis ou ratés, et de troubles socio-politiques. La nouvelle Transition dirigée par le général Horta N’Tam, un proche de M. Embalo, a formé le 29 novembre dernier un nouveau Gouvernement composé de 28 membres, en majorité des civils.

© Afriquinfos & Agence France-Presse