Antananarivo (© 2025 Afriquinfos)- Les nouvelles autorités malgaches ont déchu l’ex-Président Andry Rajoelina renversé le 14 octobre dernier de sa nationalité malgache. Elles se réfèrent à des lois locales qui énoncent que toute personne ayant acquis une nationalité étrangère, perd sa nationalité malgache.
L’ancien Maire d’Antananarivo s’est en effet, naturalisé français en novembre 2014. En off. Cette déchéance de nationalité intervient alors que Paris et Antananarivo tentent de préserver leurs relations.
Ce n’est pas la première fois que la double nationalité d’Andry Rajoelina suscite la polémique dans le landernau politique malgache. Depuis 2014 en effet, le Président avait acquis la nationalité française par naturalisation. Ce qui est contraire à l’article 4 du Code de la nationalité en vigueur à Madagascar. Lors de la présidentielle de 2023, des leaders de partis politiques d’opposition et de la Société civile avaient appelé à son exclusion, mais Andry Rajoelina avait défié ces appels et remporté le scrutin.
Deux ans plus tard, alors qu’il est en fuite, les nouvelles autorités ont tranché! Par un décret signé par le Premier ministre Herintsamala Rajaonarivelo et publié au ‘Journal officiel de Madagascar’ le vendredi 24 octobre, Andry Rajoelina n’est plus détenteur de la nationalité malgache.
L’ex-Président est donc désormais exclusivement Français. Une France qui est mal vue depuis Antananarivo pour son rôle supposé dans la fuite d’Andry Rajoelina. Selon RFI, il est sorti du pays avec un avion militaire français. Une information que l’Élysée n’a pas confirmée. Mais très vite, Paris s’est montrée conciliante avec le nouveau pouvoir à Antananarivo.
Le 13 octobre, alors même que le régime Rajoelina vascillait, le Président Français Emmanuel Macron avait adopté un ton plutôt neutre, appelant à la «continuité institutionnelle», sans évoquer le maintien au pouvoir d’Andry Rajoelina. Arnaud Guillois, l’Ambassadeur de France à Madagascar était parmi les dignitaires qui ont assisté à l’investiture le 17 octobre dernier, de Michaël Randrianirina, le Président de la Refondation de la République de Madagascar.
Le diplomate français s’est dans la foulée, le 24 octobre dernier, entretenu avec le nouvel homme fort de Madagascar. Selon l’Ambassade, les deux hommes ont eu «des échanges riches et constructifs, l’Ambassadeur a rappelé combien la France est attachée à la relation avec Madagascar et avec la nation malgache». Arnaud Guillois a en outre souligné «le souhait de la France d’orienter la relation selon les besoins exprimés par les nouvelles autorités et par la population». On peut dire que sur l’autel des intérêts de Paris et Antananarivo, le sort d’Andry Rajoelina est déjà scellé.
Boniface T.



