Niamey (© 2025 Afriquinfos)- C’est connu, depuis 2024, la tendance est à la baisse pour l’APD (Aide publique au développement). Cette réduction annoncée de l’aide (environ 20% entre 2024 et 2026) affectera principalement les PMA (Pays les moins avancés) dont les trois quarts environ se trouvent en Afrique. Quels sont ces pays qui sur le continent, sont les plus grands bénéficiaires de l’APD et seront affectés par ces baisses brutales?
Selon l’OCDE, l’aide publique au développement nette devrait connaître une baisse significative. Rien qu’en 2025, cette chute est estimée entre 9% et 17%, et devrait affecter les pays africains, en particulier les Pays les moins avancés d’Afrique subsaharienne, avec des baisses possibles de l’APD bilatérale, entre 16% et 28%.
Sur la liste des bénéficiaires de l’APD établie par l’OCDE, dans la case des PMA, côté Afrique, on retrouve: l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, la République Centrafricaine, le Tchad, les Comores, la RDC, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Lesotho, le Libéria, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie, le Togo et la Zambie.
La baisse des APD affectera des secteurs cruciaux tels que la santé, l’éducation. On apprend ainsi que de 2021 à 2023, les États-Unis (21%), la France (17%), l’Allemagne (15%), le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse ont contribué à hauteur de 64% du total des pays du Comité d’aide au développement dans le secteur de l’éducation.
Si les 33% de réduction de l’APD américaine y étaient appliqués, les PMA seraient privés de quelque « 165 millions de dollars chaque année ». Selon l’ONG ‘Save the Children’, l’accès à l’éducation serait coupé pour plus de 1,5 million d’enfants dans plus de 20 pays, majoritairement des PMA africains.
Et pour certains pays tels que le Niger, le Rwanda (la baisse pourrait y atteindre 50%), la Sierra Leone, le Libéria, la République centrafricaine, la Gambie, et la République démocratique du Congo, où l’APD représente entre 20 et 50% des dépenses totales d’éducation, l’impact des réductions serait particulièrement sévère.
L’Afrique et ses besoins sevrés d’un soutien de taille
Sur le continent, le secteur de la santé s’attend à subir un énorme choc suite à la réduction de l’APD; quand on sait que ces dernières années, les États-Unis et le Royaume-Uni ont fourni à eux seuls plus de 50% des dépenses africaines consacrées aux programmes de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. Or, les réductions d’APD les plus importantes proviendraient des États-Unis (-4 milliards de dollars par an en moyenne en 2025 et 2026, soit -33 %), puis de l’Allemagne (-23%) et du Royaume-Uni (-21%).
Selon des estimations de l’OMS, les coupes budgétaires de l’USAID pourraient entraîner 10 millions de cas supplémentaires et 3 millions de décès liés au VIH, 18 millions de cas supplémentaires de paludisme, 200.000 handicaps liés à la polio et plus d’un million de décès d’enfants dus à la malnutrition sévère.
La Sierra Leone, la Tanzanie, le Mozambique, le Libéria, l’Ouganda, le Malawi, le Soudan du Sud et la Somalie seraient les pays plus touchés par la réduction de l’APD américaine, perdant l’équivalent d’au moins 25% (voire 50%) de leurs dépenses publiques en matière de santé. Cette situation critique dans laquelle se retrouve le continent face à la réduction drastique de l’Aide publique au développement américaine et européenne conforte les partisans de l’affranchissement de l’Afrique des aides occidentales!
Certains y voient une occasion pour le continent de changer sa relation de dépendance vis-à-vis des pays donateurs. Pour ces derniers, pour combler ces trous dans leurs budgets de développement, la capacité des pays africains à s’inventer d’autres moyens d’augmenter leurs recettes nationales en mettant en place, des services de recettes fiscales plus efficaces serait un début de solution…
Boniface T.



