Guinée Bissau : risques d’instabilité persistants, selon le commissaire de paix et sécurité de l’UA

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En marge de son 18e sommet ordinaire à son siège dans la capitale éthiopienne, l'UA consacre ce lundi une réunion spéciale sur la Guinée Bissau en vue de la reconstruction de ce pays d'Afrique de l'Ouest confronté à une grande criminalité liée au trafic de drogue.

Question : Monsieur le commissaire, quels sont les objectifs de la réunion spéciale de l'Union afriacien sur la Guinée Bissau?

Réponse : Il est question de reconstruction, de développement, d'accompagnement de la Guinée Bissau pour la mise en oeuvre d'un certain nombre de réformes, qu'il de réformes du secteur de défense et de sécurité, qu'il s'agisse d'amélioration de la gouvernance. D'autant plus qu'au-delà des problèmes structurels du pays comme de tout pays en développement parmi les moins avancés du monde il y a également dans la conjoncture actuelle la disparition prématurée du chef de l'Etat. Donc, nous sommes dans une période institutionnelle importante, celle qui permettra à ce pays, malgré ses difficultés, de confirmer qu'il est résolument engagé dans un processus de reconstruction de sa démocratie naissante.

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Q : Comment va se faire l'accompagnement dont vous parlez?

R : Il doit être politique naturellement, mais il doit êre matériel. Permettez-moi de dire que si la communauté internationale n'est pas volontaire pour aider un pays dont les besoins sont relativement modestes, comparé avec d'autres situations dans lesquelles la communauté internationale, si la communauté internationale et ses acteurs sur la scène internationale ne se mobilisent pas suffisamment pour faire justement du redressement de la Guinée Bissau un échantillon représentatuf de ce que devrait être la coopération internationale, il y aurait lieu de s'inquiéter sur véritablement l'engagement d'un grand nombre de partenaires internationaux. Je sais qu'il y a toujours des conditionnalités, le confort de l'attentisme, attendons voir, etc. Mais, je suis persuadé que le moment, c'est maintenant. Il faut aller à la rencontre de la Guinée Bissau et de son peuple.

Q : Vous ne pensez pas que la situation est complexe, dans la mesure où des personnaliéts gouvernementales et de l'état-major de l'armée sont citées comme étant impliquées dans le trafic de drogue qui mine et entretient unr grande criminalité dans ce pays?

R : Il y a deux manières d'approcher ces questions importantes, soit par l'incantation, soit par l'action. Alors, passer du temps à émettre des accusations, des soupçons, à faire preuve de circonspection, de réserve, c'est une attitude qui n'est pas particulièrement productive. Je pense qu'il s'engager avec la Guinée Bissau et aider les forces vives de ce pays à réaliser les objectifs dans lesquels la communauté internationale se reconnaît : la démocratie, le développement, la stabilité, la lutte contre la criminalité.

Q : Est-ce que vous redoutez d'autres coups de force militaires comme on a l'on connu par le passé, après le décès du président Mallam Bacaï Sanha?

R : A mon avis, tant que la réforme du secteur de défense et de sécurité n'aura pas été mené à bien dans des conditions optimales, il y aura toujours un risque de déstabilisation. Et donc, il faut s'attaquer aux causes, il faut aller résolument vers cette réforme.