Lisbonne (© 2025 Afriquinfos)- L’épouse du Président renversé de Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo, Dinisia Reis, a été mise en examen au Portugal dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de contrebande et de blanchiment de capitaux. Annonce ce mardi, 16 décembre, de la Police portugaise.
Dinisia Reis Embalo a atterri à Lisbonne le 14 décembre à bord du même vol qu’un autre passager arrêté par les autorités portugaises à son arrivée. Ce dernier, qui transportait près de 5 millions d’euros en espèces, est soupçonné de «contrebande et blanchiment de capitaux». L’ex-Première Dame a atterri à Lisbonne à bord du même vol, en provenance de Guinée-Bissau, qu’un autre passager arrêté ce 14 décembre par les autorités portugaises (à son arrivée) à la suite d’une dénonciation anonyme.
Ce dernier est soupçonné «de contrebande et blanchiment de capitaux», a rapporté la Police portugaise dans un communiqué officiel. La mise en examen de Mme Embalo «est liée à cette affaire», a précisé à l’Agence France-Presse un porte-parole de la Police, sans autre détail. La Police avait expliqué que le vol en provenance de Guinée-Bissau, initialement déclaré comme étant de nature militaire, devait, après une escale à Lisbonne, poursuivre sa route vers la ville de Beja, dans le sud du pays. Il a toutefois été établi par la suite que la destination finale ne correspondait pas aux informations communiquées aux autorités aéronautiques du Portugal.
D’après les médias locaux, l’homme interpellé, qui a depuis été remis en liberté après avoir été présenté à un juge, est Tito Fernandes, un proche d’Umaro Sissoco Embalo. Dinisia Reis Embaló a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire portugais. Son audition a été conduite dans le plus grand calme, selon les médias locaux.
De son côté, le Gouvernement bissau-guinéen n’a toujours pas réagi officiellement à cette affaire qui fait déjà grand bruit dans la sous-région. Cette affaire survient dans un contexte de forte instabilité politique en Guinée-Bissau où le Président Embaló a été renversé par un coup d’État atypique le 26 novembre dernier. Pour de nombreux observateurs, cette procédure judiciaire pourrait ouvrir la voie à de nouvelles révélations sur les pratiques financières au sommet de l’ancien régime Embaló.
L’Union Européenne, très engagée dans la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption transnationale, suit de près ce dossier. Un communiqué de la justice portugaise est attendu dans les prochains jours pour préciser les suites judiciaires envisagées. Située entre le Sénégal et la Guinée, la Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise, avait déjà connu quatre coups d’Etat et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance, en 1974, avant les évènements du 26 novembre dernier.
Le ministre des Affaires étrangères du Portugal, Paulo Rangel, a dit ce 16 décembre être en contact avec les autorités en Guinée-Bissau pour réclamer un «retour à l’ordre constitutionnel».
V. A.



