Togo: Toujours pas de Gouvernement sous la Vè République, nouvelle marche empêchée ce 30 aout 

Depuis le 3 mai 2025, Faure Gnassingbé est officiellement entré dans ses fonctions de Président du Conseil. L’une de ses premières missions devait être la mise en place d’un nouveau Gouvernement

Afriquinfos Editeur
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Une manifestation de rue au Togo (DR, Togo Actualités)

Lomé  (© 2025 Afriquinfos)- Le Togo est toujours sans nouveau Gouvernement un peu plus de trois mois après la démission de l’ancienne équipe dirigée par Mme Victoire Tomegah-Dogbé. Une démission qui était intervenue, le 2 mai 2025, à la veille de l’investiture de Faure Gnassingbé comme Président du Conseil, marquant la fin de la transition vers une cinquième République (qui a transformé le régime présidentiel en régime parlementaire). Cette révision constitutionnelle fait l’objet de vives contestations de la part de l’Opposition classique et du Mouvement M66 qui avait appelé à une nouvelle manifestation le 30 août 2025. Comme celles de juin, cette manifestation a été empêchée par les Forces de l’ordre.

Depuis le 3 mai 2025, Faure Gnassingbé est officiellement entré dans ses fonctions de Président du Conseil. L’une de ses premières missions devait être la mise en place d’un nouveau Gouvernement, vu que le précédent avait démissionné 24 heures auparavant! Mais, depuis plus de trois (3) mois, rien !!! Pas d’annonce sur les nouveaux visages qui vont incarner la gouvernance au Togo.

Pour l’Opposition, cette difficulté du pouvoir de Lomé de former un nouvel exécutif dénote du dilemme dans lequel s’est empêtré Faure Gnassingbé en tordant une fois de plus le cou à la Constitution de 1992 et en usant de subterfuges pour se maintenir au pouvoir. Le front «Touche pas à ma Constitution», par la voix de Nathaniel Olympio, y voit la preuve de tensions internes et de difficultés à trouver un consensus sur la future équipe. Le politologue Madi Djabakaté estime pour sa part que «la réalité, c’est que le Gouvernement de la quatrième République reste toujours actif», soulignant l’inadéquation entre la réforme constitutionnelle et sa mise en œuvre concrète.

La situation est d’autant plus complexe que cette révision constitutionnelle est vivement contestée par l’Opposition et donne lieu à des manifestations de rue à l’appel d’un Mouvement de jeunes togolais de la diaspora, très actifs sur les réseaux sociaux. L’artiste de la chanson Aamron, originaire de la même région que Faure Gnassingbé, est l’un des porte-voix de cette contestation.

Outre le fait de crier haro contre le changement de Constitution, ces jeunes « appellent à la démission du néo Président du Conseil (au pouvoir depuis 20 ans), à la libération de tous les actuels prisonniers politiques, la fin de la mauvaise gouvernance, la baisse du coût de la vie et le retour à la Constitution de 1992″.

Statu quo ne dérangeant presque personne dans l’exécutif

Ce samedi 30 août, le M66, après avoir lancé des manifestations violemment réprimées en juin, a appelé à une marche pacifique dans les principales villes du pays. Les potentiels marcheurs ont fait face à une forte présence policière qui a empêché la manifestation de se tenir.

«Depuis 1h du matin, des Forces de l’ordre ont encerclé notre quartier. À 9h, alors que nous nous apprêtions à entamer une marche pacifique sur le trottoir, il nous a été interdit de la poursuivre. Nous rappelons que cette initiative était strictement pacifique et respectueuse des droits et libertés fondamentaux», peut-on lire sur la page Facebook de Mme Brigitte Adjamagbo, leader de la DMP, une coalition de partis politiques et d’OSC. Aamron, sa mère ou encore l’ancienne Ministre des Armées, Marguerite E. Gnakadè, ont aussi été encerclés par des éléments des Forces de l’ordre, les empêchant d’aller plus loin que quelques mètres de leurs domiciles.

Pendant ce temps, le Gouvernement démissionnaire continue d’expédier les affaires courantes. Une situation qui n’a rien d’anormal, selon le Ministre sortant du Travail, Gilbert B. Bawara. Il indique de d’autres pays, à travers le monde, ont déjà fait de longues périodes sans Gouvernement, et que le cas togolais n’est pas isolé.

S. B.