Pau (© 2025 Afriquinfos)- La tournée d’été du XV de France a été laborieuse. Les Bleus ont enregistré trois défaites en autant de sorties face aux All-Blacks néo-zélandais. Si, de l’avis de tous les observateurs, il est l’un des rares, à avoir sorti son épingle du jeu, Théo Attissogbe, ne cache pas sa déception. Une fois de plus préféré à Damian Penaud, qui était jusque-là indéboulonnable, le jeune trois quarts d’origine togolaise, est la nouvelle sensation de l’ovalie en France.
A tout juste 20 ans et alors qu’il ne compte que 8 sélections chez les Bleus, c’est à lui que de nombreux médias ont tendu leurs micros après la troisième défaite du XV de France en Nouvelle-Zélande. Théo Attissogbé, est déçu mais analyse avec lucidité la performance de ses coéquipiers et lui: «On s’est accrochés et on a été courageux mais à ce niveau-là, ça ne suffit pas. Faut être réalistes, on repart avec trois défaites. On va continuer de travailler fort et on voit ce qui nous manque pour toucher ce qui se fait de mieux au monde. Ils nous ont acculés dans notre camp, et on n’a pas su en sortir. On passe quasiment toute la deuxième mi-temps dans notre camp. On a manqué de précisions tactiques et techniques sur certains points».
A titre individuel, le jeune ailier a pourtant fait le job. Il a été l’une des sensations du premier test-match perdu de justesse 31-27 contre les All-Blacks. Sa prestation à l’arrière lui a valu d’être comparé à Serge Blanco, recordman d’essais chez les Bleus, par la presse néo-zélandaise. Particulièrement à l’aise et seul joueur avec Nolann Le Garrec à avoir disputé les trois rencontres contre les All-Black, le Palois voulait confirmer sa bonne forme affichée quelques mois plus tôt lors du Tournoi des Six Nations, où il a crevé l’écran.
De l’avis de ses encadreurs, Théo Attissogbé a toute sa place dans le XV de France : « Théo est très exigeant, très déterminé. C’est un mec différent mentalement. De l’extérieur, on peut penser que ce sont des rebondissements ou du chaos qui l’ont mené là. Mais quand on le connaît de l’intérieur, il est habité : le voir en équipe de France, c’est plus une évidence qu’un paradoxe », souligne Sébastien Piqueronnies, son coach dans le Béarn. «C’est un joueur qui performe. Pour nous, il se présente comme titulaire de manière très cohérente et logique», indique Fabien Galthié, entraineur du XV de France qui fait de plus en plus confiance au jeune palois qui le lui rend bien. En 8 titularisations, le trois-quart a déjà planté 5 essais.
Théo Attissogbé peut en effet compter sur ses performances athlétiques pour faire des différences. Malgré son gabarit modeste (1,81m, 79kg), il présente le profil idoine de l’ailier moderne. Rapide, tonique sur les appuis, virevoltant dans les duels et propre dans les airs, la saison dernière, il a été le deuxième joueur à battre le plus de défenseurs en Top 14. Les différentes disciplines auxquelles il a touché dans son enfance – judo, athlétisme, aviron, pelote ou encore golf – et sa formation au poste d’ouvreur lui ont en plus conféré une polyvalence précieuse.
Le jeune trois quarts, déjà champion du monde avec les moins de 20 ans, n’est donc pas là par hasard. Le fils de Claude Attissogbé, ancien rugbyman, a déjà a seulement peut déjà coché sob agenda pour la tournée d’automne du XV de France qui verra les Bleus affronter l’Afrique du Sud, championne du monde en titre et les Fidji. Il ne fait plus aucun doute qu’il sera de la liste de Fabien Galthié.
S. B.



