Sous l’impulsion des Etats-Unis de Donald Trump, le Conseil de Sécurité de l’ONU a apporté ce 31 octobre un soutien inédit au plan marocain d’autonomie du Sahara, l’estimant la solution « la plus réalisable » pour résoudre un conflit enlisé depuis des décennies, malgré l’hostilité de l’Algérie.
Jusqu’alors, le Conseil de Sécurité pressait le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie de reprendre des négociations – interrompues depuis 2019 – pour parvenir à une « solution politique réalisable, durable et mutuellement acceptable« .

Mais à l’initiative des Américains, chargés de ce dossier au Conseil, la résolution adoptée par 11 voix pour, aucune contre et trois abstentions – l’Algérie ayant refusé de participer au vote – donne un coup de pouce au plan présenté par Rabat en 2007: une autonomie sous souveraineté marocaine pour ce vaste territoire désertique, riche en phosphate et aux eaux poissonneuses.
Le texte estime ainsi qu' »une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait représenter la solution la plus réalisable« . Dans ce contexte, il appelle le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres et son émissaire sur ce dossier, Staffan de Mistura, à mener des négociations « sur la base » de ce plan pour parvenir à un accord mutuellement acceptable.
« Nous ouvrons un nouveau chapitre victorieux dans le processus de consécration de la marocanité du Sahara, destiné à clore définitivement ce dossier« , a réagi le Roi du Maroc Mohammed VI, saluant un « changement historique » du Conseil. Ce « vote historique » permet de créer « un élan » vers la paix, a également salué l’ambassadeur américain Mike Waltz, assurant de la détermination de Donald Trump dans ce dossier. « Nous pensons qu’une paix régionale est possible cette année« , a-t-il affirmé, appelant toutes les parties à « utiliser les prochaines semaines » pour engager des discussions sérieuses.
« L’élan politique est là, il est temps désormais d’avancer », a renchéri son homologue français Jérôme Bonnafont, saluant l' »approche nouvelle » du Conseil pour relancer les efforts de paix.
Après l’annonce spectaculaire en 2020 par Donald Trump du soutien américain à cette proposition marocaine en échange d’une normalisation de ses relations avec Israël, le Maroc a obtenu successivement l’appui d’une série de pays dont l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Alger avait déjà regretté en avril 2025 la réaffirmation par Washington de son soutien à Rabat. Et ses relations avec Paris sont au plus bas depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France du plan marocain.
L’ambassadeur russe Vassili Nebenzia, qui s’est abstenu ce 31 octobre, a lui espéré que la « charge de cowboy des Américains ne produise pas l’effet inverse en dégelant » les tensions géopolitiques au Sahara.
La résolution adoptée ce 31 octobre prolonge d’un an la mission de maintien de la paix de l’ONU au Sahara (Minurso), tout en demandant au Secrétaire Général d’en réaliser d’ici six mois une « évaluation stratégique« .
Le Sahara est contrôlé en majeure partie par le Maroc mais considéré comme un territoire non autonome par les Nations Unies. Un conflit y oppose Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

© Afriquinfos & Agence France-Presse



