RDC: Joseph Kabila muscle davantage son discours et consolide son rapprochement d’avec l’AFC M23

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Joseph Kabila (DR-Rfi Afrique)

Goma (© 2026 Afriquinfos)- L’ancien Président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, aujourd’hui opposant sous le coup d’une condamnation à mort pour trahison, a pris ce 12 octobre 2026, la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire incluant le Mouvement du 23 mars (M23) et l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
L’annonce de cette prise de fonction survient dans un contexte politique incertain en RDC. Elle a été faite dans la soirée à Goma, grande ville de l’est contrôlée par le M23 depuis janvier 2025, précisément à la résidence de Kabila. Le M23 contrôle. Joseph Kabila a aussi été vu aux côtés de plusieurs chefs de la rébellion, parmi lesquels le général Sultani Makenga, mais sans prendre la parole.
L’ancien Chef d’Etat qui a dirigé la RDC entre 2001 et 2019 a ainsi confirmé ses liens avec le groupe armé antigouvernemental qui contrôle de vastes pans de territoire dans l’est du pays.
L’actuel Président, Félix Tshisekedi, 63 ans et successeur de Joseph Kabila, arrive au terme de son second et dernier mandat de cinq ans en 2028, la Constitution congolaise limitant à deux le nombre de quinquennats. Or, depuis déjà plusieurs mois, la majorité présidentielle prépare l’opinion à une modification du texte, qui ouvrirait la voie à un troisième mandat.
Le FRN s’oppose au Président Félix Tshisekedi et se dit disposé à s’appuyer sur la force pour faire aboutir ses objectifs. Claude Ibalanky, qui avait exercé comme ambassadeur itinérant de Tshisekedi, a rendu publique la création de l’organisation devant des cadres des deux groupes et plusieurs anciens dignitaires de l’époque Kabila.
En présentant cette alliance, Ibalanky a qualifié la situation nationale de « tableau macabre » et de pays en péril. Il a expliqué que la mutualisation des forces, des ressources et des moyens devait créer un cadre d’action collectif, pour que les Congolais s’engagent ensemble dans la libération du pays.
Les hauts responsables du groupe armé et de l’Alliance fleuve Congo, ancienne branche politique du M23, désormais dissoute avec la création du FRN, ont été nommés vice-présidents. Les membres de cette nouvelle formation se sont unis pour « mutualiser leurs forces, [leurs] ressources et [leurs] moyens » avec pour objectif de « mettre un terme à la tyrannie par tous les moyens, y compris [par] la force » en RDC, ont-ils expliqué.
L’est du pays est en proie à des violences depuis plus de trente ans. Une offensive spectaculaire, au début de l’année 2025, s’était soldée par la prise, par le M23 soutenu par l’armée rwandaise, des deux grandes villes des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Goma et Bukavu, face à des forces armées congolaises dépassées et en fuite. Plusieurs tentatives de médiations pour rétablir la paix dans la région ont échoué jusqu’ici.
Un accord signé en décembre 2025 par Kinshasa et Kigali, sous l’égide de Washington, n’a pas eu d’effet concret sur le terrain. Parallèlement, en juillet 2025, Kinshasa et le M23 s’étaient engagés à un cessez-le-feu dans le cadre d’une médiation qatarie, mais ce dernier n’est pas respecté.
Agé de 55 ans, Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace pour « trahison » et « crimes de guerre » à la fin de septembre 2025. La justice militaire congolaise avait estimé qu’il était l’un des initiateurs de l’Alliance fleuve Congo.

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