Un an jour pour jour sans Andry Rajoelina à la tête de Madagascar…

Afriquinfos Editeur
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Andry Rajoelina (DR-Cyprian)

Antananarivo (© 2026 Afriquinfos)- Le 12 octobre 2025, une unité militaire malgache déclarait avoir pris le contrôle de l’armée à Madagascar secouée à l’époque par des manifestations antigouvernementales. Un assaut qui mettait fin à la gouvernance de l’ancien dirigeant, Andry Rajoelina, qui alors dénonçait une « tentative de prise de pouvoir illégale ».

Ce 12 octobre 2026, soit une année après le départ d’Andry Rajoelina, bien qu’il n’exerce plus de pouvoir, l’ancien Président tente de maintenir une présence diplomatique depuis l’exil, tandis qu’à Madagascar, la transition militaire cherche encore une issue politique durable.

Dès le lendemain du 12 octobre, après avoir quitté Madagascar, Andry Rajoelina, s’est exprimé depuis un lieu qu’il n’a pas révélé, sans annoncer sa démission. Le 14 octobre, les militaires ont déclaré prendre le pouvoir. Le colonel Michaël Randrianirina a ensuite prêté serment comme Président de la transition, le 17 octobre. La succession rapide de ces annonces a nourri une controverse sur la légalité du changement de pouvoir.

Après plusieurs mois de silence, l’ancien Président de Malgache, est réapparût le 25 mai 2026. Il a transmis ses vœux à la Grande île, à l’occasion de la Pentecôte. Dans ses propos, Andry Rajoelina a effectué des parallèles avec la Bible. Sans l’affirmer, il semblait garder l’espoir d’un retour.

Andry Rajoelina, installé en France (après son départ précipité en 2025.), destitué de la nationalité malgache, également mis en accusation pour des actes de haute trahison, violation grave et répétée de la constitution se présentant comme l’homme providentiel, si besoin.

Relativement bref, son vœux s’appuyait sur des passages de la Bible : « Et aujourd’hui encore, comme le peuple hébreu traversant le désert, nous connaissons l’épreuve et la souffrance« . « Dieu n’abandonne jamais ceux qui gardent l’espérance et placent leur confiance en lui. » écrivait-il.

Avant d’inviter les Malgaches à conserver l’espoir, si besoin est, via cette phrase biblique : « l’obscurité ne dure jamais« .

La séquence qui a conduit à la chute de l’ancien président a commencé le 25 septembre 2025. Des jeunes sont d’abord descendus dans la rue pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité. La mobilisation s’est ensuite élargie à un rejet plus général du pouvoir. Des militaires, dont des membres de l’unité CAPSAT, ont fini par se joindre au mouvement.

Mais alors que les familles malgaches continuent de subir les séquelles économiques de ses années de mandature de l’ex-Ched d’Etat, et que le pays peine à garantir l’accès à l’eau potable et à l’électricité, des publications devenues virales sur les réseaux sociaux indiquent qu’Andry Rajoelina et son épouse Mialy Razakandisa auraient été aperçus à Dubaï, y menant une existence paisible et à l’abri du besoin, alors

Ce contraste saisissant entre la réalité quotidienne des Malgaches et le quotidien doré de l’ancien couple présidentiel au Moyen-Orient alimente un sentiment profond d’injustice.

Madagascar tente péniblement de se reconstruire, et un goût d’inachevé persiste dans les esprits.

Aujourd’hui, plusieurs infrastructures coûtent une fortune en entretien et pèsent lourdement sur les finances nationales. Le gouvernement de transition se retrouve contraint de négocier l’annulation de dette colossale, sans quoi ce sont les contribuables et les générations futures qui devront rembourser la note.

Beaucoup d’observateurs et de citoyens n’hésitent plus à véhiculer l’idée d’un véritable complot : la dégradation et l’arrêt de ce type de mégaprojets auraient été orchestrés pour détourner l’attention, imputer le désastre au peuple contestataire, et s’éclipser violemment avec les fonds engagés avant que la justice ne s’en mêle.

Le gouvernement de Michaël Randrianirina entre le marteau et l’enclume ?

Au lendemain du changement de régime, les nouvelles autorités de transition avaient pourtant envoyé des signaux forts. Des procédures judiciaires avaient été officiellement ouvertes par le ministère de la Justice pour faire la lumière sur les détournements de fonds publics, les scandales de corruption et les exactions commises sous l’ancien régime. Mais un an plus tard, le bilan reste extrêmement flou.

Où sont les mandats d’arrêt internationaux ? La population attend toujours des actes concrets traduisant une réelle volonté d’extradition.

Où en est la saisie des avoirs ? Aucune communication claire n’a été faite sur la récupération des biens mal acquis.

La société civile réclame une transparence totale. L’impression dominante aujourd’hui est celle d’une justice au ralenti, voire d’un accommodement politique au sommet.

Pour Gen Z Madagascar, la reconstruction du pays ne pourra pas faire l’économie de la vérité et de la redevabilité. Permettre à un ancien dirigeant de s’échapper et de profiter du fruit de la corruption en toute impunité envoie un signal désastreux pour l’avenir démocratique du pays.

Les régimes passés ont trop souvent fonctionné sur le principe de l’amnésie générale après chaque crise politique. Pour briser ce cercle vicieux, nous demandons au gouvernement de transition :

De faire un point d’étape officiel sur les démarches judiciaires engagées contre Andry Rajoelina et ses complices.

D’user de tous les canaux diplomatiques nécessaires pour que la justice malgache puisse demander des comptes, où que se trouvent les fugitifs.

De garantir la transparence sur la gestion des dossiers de grande corruption qui ont exsangue les caisses de l’État.

L’apaisement national ne s’achète pas par l’oubli. Un an après, le peuple malgache attend toujours que justice soit faite.

Le départ de Rajoelina n’efface pas les causes de la contestation. Les pannes de services essentiels ont servi de déclencheur, mais la mobilisation a aussi exprimé une défiance envers les institutions et les responsables politiques. Pour les habitants, la question immédiate reste celle des services publics et des conditions de vie. Pour les jeunes mobilisés, l’enjeu est également de ne pas voir leur mouvement déboucher sur un simple changement de dirigeants.

Autre élément sensible : les autorités de transition ont retiré à Rajoelina la nationalité malgache après la révélation de sa nationalité française, acquise en 2014 selon plusieurs comptes rendus de presse. Cette question avait déjà suscité un débat sur son éligibilité à la présidentielle de 2023. La mesure prise après son départ est un acte politique et administratif aux conséquences importantes ; sa portée juridique ne doit pas être confondue avec une décision sur les faits reprochés à son ancien gouvernement.

Pour les anciens responsables comme pour les citoyens, la crédibilité de la justice dépendra de procédures publiques, cohérentes et applicables à tous. Une transition qui sanctionnerait ses adversaires sans garanties judiciaires risquerait d’affaiblir sa promesse de refondation. À l’inverse, l’absence de suites sur des accusations documentées nourrirait la défiance déjà exprimée dans la rue.

La transition au centre du prochain rapport de force

Le président de transition a annoncé une période pouvant aller jusqu’à deux ans avant de nouvelles élections. Ce calendrier place les institutions malgaches devant une tâche précise : définir une feuille de route, préciser les règles du scrutin et organiser un dialogue qui ne se limite pas aux autorités en place. La jeunesse mobilisée, les partis, les collectivités et la société civile ont des intérêts différents, mais leur participation pèsera sur la légitimité du processus.

L’Union africaine a demandé le rétablissement de l’ordre constitutionnel et coordonne ses démarches avec la SADC. Le dossier met en tension deux principes : condamner les prises de pouvoir militaires et répondre aux contestations populaires qui fragilisent les gouvernements. Pour les organisations régionales, l’enjeu est de ne pas réduire la crise à un choix entre l’ancien président et l’armée, mais de surveiller la place accordée aux civils et la tenue d’élections crédibles.

Le 25 septembre dernier, la Transition malgache a toutefois honoré la ‘GEN Z’ avec une stèle singulière pour l’an 1 de la révolution anti-Rajoelina.

Vignikpo Akpéné