Quels sont les pays africains éligibles au médicament miracle des USA contre le VIH?

Une dizaine de pays africains fortement touchés par le VIH  vont bénéficier d’un approvisionnement de 600.000 doses en 2026, a annoncé ce 18 novembre, Brad Smith, conseiller principal, Bureau de la sécurité sanitaire mondiale et de la diplomatie américaine.

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Le lénacapavir (DR-La Nouvelle Tribune).
Le lénacapavir (DR-La Nouvelle Tribune).

Washington (© 2025 Afriquinfos)- Le lénacapavir débarque sur le Continent. Une dizaine de pays africains fortement touchés par le VIH  vont bénéficier d’un approvisionnement de 600.000 doses en 2026, a annoncé ce 18 novembre, Brad Smith, conseiller principal, Bureau de la sécurité sanitaire mondiale et de la diplomatie américaine.

M. Smith s’exprimait lors d’un point de presse axé autour de la stratégie de santé mondiale «America First» (L’Amérique d’abord), et de l’engagement du Gouvernement américain à réduire de manière significative le nombre de nouvelles infections par le VIH. Une initiative, menée par le Département d’État des États-Unis en étroite collaboration avec la société américaine Gilead Sciences et le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme.

Les 600.000 doses correspondent à la capacité totale de Gilead pour l’année à venir. Mais ‘’à long terme, la capacité de Gilead continuera d’augmenter afin que nous puissions acquérir 2 millions de doses d’ici le milieu de l’année 2027, mais nous pensons également que la demande augmentera en Afrique’’, a souligné le conseiller sanitaire précité. D’ores et déjà, la demande du lénacapavir, est très forte, de la part de nombreux pays.

Le lénacapavir est un nouveau traitement injectable très efficace contre le VIH, qui ne doit être pris que deux fois par an. Capable de prévenir près de 100% des nouvelles infections par le VIH, le lénacapavir peut avoir un impact considérable lorsqu’il est utilisé dans les régions à forte incidence.

Le lénacapavir est une innovation américaine développée par une entreprise américaine, qui témoigne de l’excellence et du leadership des États-Unis dans le domaine de la prévention du VIH.

’Le Département d’État des États-Unis et le Fonds mondial achètent conjointement plus de 2 millions de doses de lénacapavir. Nous avions initialement prévu d’acheter 500 doses au cours de la première année du programme. Cependant, au vu des premiers signes de demande que nous avons reçus de la part des pays d’Afrique et du monde entier, mais principalement d’Afrique, nous augmentons l’engagement des États-Unis de 250.000 doses à 325.000 doses pour la première année, en 2026.

Le volume disponible de Gilead en 2026 est de 600.000 doses, et grâce à l’augmentation de l’engagement des États-Unis et à l’engagement du Fonds mondial, nous avons réservé ensemble 100% de ces 600.000 doses’’, a expliqué Brad Smith.

Les pays et groupes prioritaires du produit sont examinés en fonction de la charge de morbidité liée au VIH puis nous attribuons les médicaments aux pays où cette charge est la plus élevée. Au sein de chaque pays, il y’a une collaboration avec le Gouvernement pour élaborer un plan de distribution qui cible les sous-régions ou les populations les plus touchées. Mais, il s’agit vraiment d’un partenariat avec le Gouvernement pour déterminer la manière de cibler la distribution au sein du pays.

Le Royaume d’Eswatini prioritaire

D’après M. Smith, certains des premiers approvisionnements sont arrivés en Eswatini le mardi. C’est le pays où l’incidence du VIH est la plus élevée au monde. ‘’Nous sommes donc très heureux que le lénacapavir, le premier traitement préventif contre le VIH administré deux fois par an, fruit de plus de 17 ans de recherche, fasse désormais partie des mesures déployées pour mettre fin au VIH dans ce pays. Je vous remercie’’, -t-il laissé entendre.

Le premier de ces achats et approvisionnements a eu lieu le mardi au Royaume d’Eswatini, l’un des pays les plus touchés par le VIH. Au plus fort de l’épidémie en 2015, près d’une personne sur trois vivait avec le VIH. Aujourd’hui, l’Eswatini est fier d’être l’un des pays qui a dépassé les objectifs 95-95, avec un taux remarquable de 98 % de personnes vivant avec le VIH sous traitement.

Cette première livraison de lénacapavir en Eswatin est la première tranche de doses injectables de lénacapavir achetées par le Fonds mondial à Gilead dans le cadre de l’accord pour l’accès mondial.

Selon des estimations récentes, 220.000 personnes vivent avec le VIH en Eswatini. Le PEPFAR, programme du gouvernement américain, finance actuellement le traitement de 216.000 de ces personnes, soit de plus de 95 % des personnes sous traitement en Eswatini. Néanmoins, le risque de contracter le VIH reste élevé. Cette nouvelle phase du programme avec le lénacapavir aidera plus de 6.000 personnes à haut risque d’infection par le VIH en Eswatini, et mettra l’accent sur l’élimination de la transmission du VIH entre les mères et leurs nouveau-nés.

En Eswatini, le gouvernement des États-Unis et le Fonds mondial ont mis au point, en coordination avec le gouvernement, un processus intégré de distribution des produits qui s’appuiera sur des chaînes d’approvisionnement soutenues par le PEPFAR pour fournir du lénacapavir aux patients dans le besoin.

C’est la première fois dans l’histoire qu’un nouveau médicament contre le VIH arrive dans un pays d’Afrique subsaharienne l’année même où il a été autorisé aux États-Unis. Je trouve cela extraordinaire. Cela établit une nouvelle norme en matière d’accès mondial, et c’est une chose que Gilead Sciences, en collaboration avec nos partenaires, s’efforce d’accomplir depuis de nombreuses années.

2 millions de doses vers le milieu de l’année 2027

D’après le représentant du Département Américain,  il est prévu une hausse continue de la demande et de la capacité de production au fil du temps, ce qui permettra d’atteindre les 2 millions de doses vers le milieu de l’année 2027, voire avant, si tout se passe bien.

Tout au long du développement de ce médicament novateur, l’accent a été mis sur la rapidité et le partenariat afin de mettre cette innovation révolutionnaire au service des populations les plus touchées dans le monde pour combattre la maladie et vraiment contribuer à l’éradication de l’épidémie de VIH.

Ce médicament ne présente aucune propriété addictive. Il n’a aucun caractère addictif. Ce qui est important concernant ce médicament, c’est que les gens continuent de le prendre. Il est efficace pendant six mois.

’Nous travaillons avec le Fonds mondial et le PEPFAR pour nous assurer que nous disposons sur le terrain de systèmes de santé appropriés, qui rappellent aux personnes de revenir tous les six mois, parce qu’il faut prendre le médicament tous les six mois pour être entièrement protégé contre le VIH. C’est la nature de l’essai et c’est comme ça que le médicament fonctionne’’, a-t-il conclu.

Au cours des dernières décennies, les investissements américains en Afrique ont sauvé des millions de vies, contribué à transformer les économies et renforcé les systèmes de santé locaux. Cela dit, l’approche des États-Unis en matière de programmes de santé mondiale par le passé n’a pas fait suffisamment pour que l’Afrique puisse devenir autonome et construire des systèmes de santé durables.

La stratégie de santé mondiale America First, que nous avons lancée en septembre, transforme l’action mondiale des États-Unis en matière de santé en une action axée sur le renforcement des systèmes de santé africains et des partenariats axés sur le marché.

Vignikpo Akpéné