Espéré depuis des années par la population et la communauté internationale, ce scrutin a inauguré une séquence électorale cruciale dans ce pays à l’histoire jalonnée de coups d’Etat et marquée par la violence de régimes autoritaires. Les résultats définitifs – soit 89,38% pour le « oui » et 10,62% pour le « non » – confirment les résultats provisoires annoncés dans la soirée du 23 septembre. Ils ont été communiqués par le premier président de la Cour suprême, et retransmis en direct sur RTG (Radio Télévision de Guinée).
Dans la foulée, un décret du Président Mamadi Doumbouya, lu à la Télévision nationale, a promulgué la nouvelle Constitution. Les Guinéens avaient voté le 21 septembre dernier sur ce projet de nouvelle Constitution visant à la fin de la Transition militaire, et pour lequel les leaders d’Opposition avaient appelé au boycott, accusant la Transition de vouloir se maintenir au pouvoir à la faveur de ce référendum. Ils ont dénoncé une « mascarade électorale » aux résultats « connus d’avance« .
Les juges de la Cour suprême ont également examiné et rejeté un recours d’une coalition de partis d’opposition déposé plus tôt ce 26 septembre, et qui réclamait l’annulation du référendum. Depuis qu’il a renversé le Président civil élu Alpha Condé en 2021, Mamadi Doumbouya, 40 ans, a multiplié les restrictions contre des libertés. Cette Constitution doit permettre l’organisation d’élections pour mettre fin à la Transition depuis la prise de pouvoir des militaires. Ces derniers s’étaient initialement engagés à rendre le pouvoir aux civils avant fin 2024.

Les autorités souhaitent se normaliser et renouer avec les organisations régionales et internationales. Elles ont donc annoncé des élections présidentielle et législatives pour assurer un retour à l’ordre constitutionnel avant la fin de cette année. La présidentielle est déjà programmée sur le 28 décembre, alors que la date des législatives n’est pas encore connue.
Malgré l’appel au boycott de l’Opposition, nombre de Guinéens se sont rendus aux urnes. Les électeurs interrogés par l’AFP ont affirmé en majorité avoir voté pour exprimer leur volonté de sortir de la Transition militaire. Les électeurs interrogés par l’AFP le 21 septembre dernier étaient partagés entre ceux souhaitant ardemment le retour des civils au pouvoir et d’autres soutenant le chef de la junte et sa potentielle candidature à une future présidentielle.

Cette Constitution remplace en effet la « Charte de la Transition« , établie après le coup d’Etat et qui interdisait notamment à ses membres de se présenter aux élections. Or, cette interdiction ne figure plus dans la nouvelle Constitution, ouvrant la voie à une candidature de Mamadi Doumbouya.

© Afriquinfos & Agence France-Presse



