Après leurs attaques du 25 avril dernier qui ont fait officiellement 23 morts civils et militaires, les jihadistes et leurs alliés indépendantistes ont maintenu leur pression sur le pouvoir de Bamako en bloquant des routes menant vers la capitale.
Le 28 avril, ils avaient menacé de lourdes représailles toute personne qui persisterait à emprunter les axes routiers menant à la capitale et à Kati. Ils ont poursuivi ce 04 mai 2026 leur blocus routier sur Bamako, perturbant gravement les transports. « Nous avons purement et simplement supprimé tout départ sur Bamako jusqu’à nouvel ordre », a déclaré à l’AFP un responsable d’une Compagnie de transport assurant une liaison Bamako-Sikasso (sud).
Un passager a raconté à l’AFP être venu de Ségou (centre) à Bamako ce 04 mai. « Il y avait sur la route des centaines de (camions) remorques et bus de transport interurbains. Un détachement militaire est venu (pour sécuriser les passages). La peur au ventre, nous sommes rentrés à Bamako sans encombre », a-t-il témoigné. Les jihadistes ont parallèlement poursuivi leur offensive sur le terrain.
Ils ont pris le 1er mai dernier le contrôle du camp militaire de Tessalit (nord), après son évacuation par l’Armée malienne et ses alliés russes, selon des sources locale, sécuritaire et indépendantiste. Tessalit, situé près de la frontière algérienne, représente un camp stratégique de par sa position géographique.
– Premières interpellations –
Le parquet militaire a annoncé le 1er mai dernier des interpellations de soldats, après de premières investigations ayant révélé selon lui des « éléments solides » de « complicité » de certains militaires dans « la planification, la coordination et l’exécution » des attaques du 25 avril, avec l’implication présumée de certains acteurs politiques.
Par ailleurs, un avocat critique envers la Transition malienne, Mountaga Tall, a été « enlevé » dans la soirée du 02 mai à Bamako par des hommes encagoulés, selon sa famille. M. Tall a été membre du mouvement M5, acteur majeur de la contestation ayant contribué à la chute du régime de l’ancien Président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020. D’abord allié aux militaires alors arrivés au pouvoir, il a ensuite pris ses distances avec eux.
Les jihadistes du JNIM ont, le 30 avril 2026, appelé à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte », en vue d' »une transition pacifique et inclusive ».
© Afriquinfos & Agence France-Presse



