Les Guinéens aux urnes ce 21 septembre dans la division pour l’avenir politique de leur pays

Les Guinéens votent ce 21 septembre sur un projet de nouvelle Constitution visant la fin de la Transition quatre ans après la prise du pouvoir par des militaires.

Afriquinfos Editeur
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Un soldat guinéen dépose son bulletin dans une urne d'un bureau de vote dans une école de Conakry, le 21 septembre 2025, lors d'un référendum constitutionnel en Guinée.
Un soldat guinéen dépose son bulletin dans une urne d'un bureau de vote dans une école de Conakry, le 21 septembre 2025, lors d'un référendum constitutionnel en Guinée.

Les Guinéens votent ce 21 septembre sur un projet de nouvelle Constitution visant la fin de la Transition quatre ans après la prise du pouvoir par des militaires, mais qui permettrait à Mamadi Doumbouya de se présenter à une future présidentielle, ce que fustige l’Opposition appelant au boycott.

Un électeur vote sur le projet de nouvelle Constitution lors d'un référendum à Conakry le 21 septembre 2025.
Un électeur vote sur le projet de nouvelle Constitution lors d’un référendum à Conakry le 21 septembre 2025.

Quelque 6,7 millions de Guinéens, sur environ 14,5 millions d’habitants, sont appelés aux urnes de 08H00 à 18H00 (locales et GMT). Les résultats sont attendus à partir de la soirée du 23 septembre, selon la Direction générale des élections (DGE). Plusieurs dizaines de personnes, dont de nombreux jeunes, faisaient la queue dans une ambiance animée et ont commencé à voter dès 7H (locale et GMT) dans une école du quartier de Kaloum, dans le centre de Conakry, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les électeurs font la queue devant un bureau de vote dans une école de Conakry, le 21 septembre 2025, alors que la Guinée vote lors d'un référendum constitutionnel.
Les électeurs font la queue devant un bureau de vote dans une école de Conakry, le 21 septembre 2025, alors que la Guinée vote lors d’un référendum constitutionnel.

Sa carte d’électeur à la main, en sweat à capuche, Ahmad Diallo, 23 ans, étudiant, discute et plaisante avec ses amis après avoir voté. « Tout le monde veut la paix et que la Transition se termine », affirme cet électeur qui affiche son soutien aux militaires. Espéré depuis des années par la population et la communauté internationale, ce scrutin ouvre une séquence clef dans ce pays dirigé par le général Mamadi Doumbouya depuis qu’il a renversé le Président civil Alpha Condé (en septembre 2021, qui effectuait un 3è mandat).

C’est la première fois qu’Aisha Camara, 20 ans, jolies fossettes et yeux en amande, vote. Elle estime que la Constitution « est une bonne chose pour la Guinée » et affirme être « venue pour soutenir le Président Doumbouya ».

– Dispositif de sécurité –

Le centre de la capitale et ses abords étaient calmes ce 21 septembre, mais les rues étaient quadrillées par un important dispositif de sécurité, dont des véhicules blindés et des barrages de policiers qui contrôlent tous les véhicules et inspectent les coffres. Pas moins de 45.000 agents des Forces de Défense et de Sécurité ont été mobilisés pour sécuriser le vote, ainsi qu’un millier de véhicules légers et blindés et des hélicoptères de combat, a précisé la Gendarmerie nationale.

Les autorités ont annoncé des élections présidentielle et législatives en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel avant la fin de cette année 2025, sans toutefois donner de date. La campagne pour le « oui » au référendum a été ostentatoire à travers le pays et largement incarnée par Mamadi Doumbouya, 40 ans, à grand renfort d’affiches à son effigie, rassemblements et fanfares.

Celle du « non » a, elle, été quasi inaudible, et s’est faite via des messages sur les réseaux sociaux, essentiellement de personnalités en exil. Une chape de plomb s’est abattue en Guinée sur les voix dissidentes depuis l’arrivée des militaires au pouvoir. Plusieurs partis politiques et médias ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’Opposition ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.

Les disparitions forcées et enlèvements se sont multipliés, rapportent les défenseurs des libertés. Le 23 août, la Transition a suspendu pour trois mois deux des principaux partis d’Opposition.

– « Mascarade » –

Dans ce contexte, l’Opposition a appelé les Guinéens à rester chez eux, dénonçant « une mascarade électorale« , aux résultats « connus d’avance« . Elle accuse les militaires de vouloir se maintenir au pouvoir à la faveur de ce référendum. Si elle est adoptée, cette Constitution remplacera la « Charte de la Transition », établie après le coup d’Etat et qui interdisait notamment à ses membres de se présenter aux élections.

Or, cette interdiction ne figure plus dans le projet de Constitution, ouvrant la voie à une candidature du général Doumbouya. Mais en affirmant la nécessité pour être candidat à une présidentielle d' »être âgé de 40 au moins et de 80 ans au plus » et d’avoir « sa résidence principale » en Guinée, le texte exclut de fait deux des principaux opposants: l’ex-Président Alpha Condé, 87 ans, exilé à Istanbul, et l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, 73 ans, en exil entre Dakar et Abidjan.

Depuis le coup d’Etat de septembre 2021, la Guinée est suspendue par l’Union Africaine et elle n’est pas invitée à participer aux réunions de Chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, qui a eu à dépêcher une mission dans le pays.

© Afriquinfos & Agence France-Presse