Bamako (© 2025 Afriquinfos)- Le Parlement malien a adopté jeudi 7 août une Charte pour la paix qui exclut toute partition du pays, dans un contexte de crise sécuritaire persistante, selon une source parlementaire. Ce texte affirme notamment le refus de toute partition du Mali, qui traverse une grave crise séparatiste et sécuritaire, en particulier dans le Nord, théâtre d’une rébellion touareg ancienne et active.
Selon le Gouvernement malien, cette Charte nationale est conçue comme un document de référence pour toutes les actions en faveur de la paix, de la réconciliation, de la sécurité, du vivre-ensemble et de la refondation de l’État. Mais elle a été rejetée par le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Le préambule de la Charte rappelle les crises cycliques qui ont affecté le pays depuis l’indépendance et affirme la volonté d’y répondre par un nouveau contrat social, ancré dans les valeurs nationales et les principes de souveraineté.
Présentée par le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, la Charte a été élaborée après le Dialogue inter-malien de 2024. Elle constitue aussi le fruit d’un dialogue inter-Maliens initié en début d’année par l’actuel pouvoir de Bamako, et est une alternative au controversé accord d’Alger de 2015, jugé « inapplicable » par Bamako.
Le document prône « une Nation souveraine, réconciliée, tolérante et en paix, dans un État fondé reposant sur une gouvernance démocratique, juste et équitable« . Cependant, il ne fait pas l’unanimité. Le document insiste sur « l’unité du Mali« , la laïcité de l’État et l’égalité devant la loi. Il évoque aussi « le refus de l’impunité », tout en ouvrant la porte au pardon, à la réparation et au dialogue comme voies privilégiées de règlement des différends.
‘’Les principes fondamentaux énoncés dans la Charte portent sur l’unité du Mali et le refus de toute forme de partition, la laïcité de l’État et l’égalité de tous les citoyens devant la loi’’, a expliqué ce 07 aout un membre de la Commission de rédaction du document.
‘’Elle pose également le principe du respect des droits humains et de la diversité culturelle’’, a-t-il poursuivi. Le document officiel de la Charte avait été officiellement remis le 22 juillet 2025 au Président Goïta par la Commission, mais doit être promulguée par Assimi Goïta dans les prochains jours pour entrer en vigueur.
La Charte a été rejetée le 24 juillet par le Front de libération de l’Azawad (FLA), coalition de groupes indépendantistes, qui dénonce une « manœuvre politique dilatoire » et maintient son engagement pour une « reconquête totale » du territoire revendiqué.
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