Le GERD inauguré voici déjà 8 jours, tensions géopolitiques toujours tenaces!

Sur les réseaux sociaux, les images du barrage, ornées du drapeau éthiopien, étaient légion à l'approche de l'inauguration.

Afriquinfos Editeur
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Le Nil Bleu, en aval du Grand barrage de la Renaissance à Guba, en Éthiopie, le 20 février 2022.
Le Nil Bleu, en aval du Grand barrage de la Renaissance à Guba, en Éthiopie, le 20 février 2022.

L’Ethiopie a inauguré officiellement ce 09 septembre 2025 son GERD (Grand barrage de la Renaissance) sur le Nil, source de tensions avec l’Egypte depuis plus d’une décennie.

Présenté comme le plus grand ouvrage hydroélectrique d’Afrique, le mégabarrage est l’un des rares sujets faisant l’unanimité dans ce pays de la Corne de l’Afrique déchiré par plusieurs conflits armés, encore actifs dans les deux régions les plus peuplées du pays, l’Amhara et l’Oromia. Mais il a été vertement critiqué par Le Caire, notamment, qui, craignant un tarissement de sa principale source d’approvisionnement en eau, martèle qu’il constitue une « menace existentielle« .

L’Egypte, pays d’environ 110 millions d’habitants, dépend du Nil pour 97% de ses besoins hydriques, notamment pour l’agriculture. Le Président Abdel Fattah al-Sisi a promis que l’Egypte prendra toutes les mesures prévues par le droit international pour défendre sa sécurité hydrique. « Quiconque pense que l’Egypte fermera les yeux sur ses droits en matière d’eau se trompe », a-t-il déclaré à des journalistes en aout 2025 sur le sujet. L’exécutif égyptien s’est aussi récemment rapproché des deux pays frontaliers de l’Ethiopie: l’Erythrée, qui entretient aujourd’hui des relations tendues avec Addis Abeba, et la Somalie. Le Soudan a également fait part de son inquiétude sur le même sujet sensible.

Pour l’Ethiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique où quelque 45% des 130 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité, il est toutefois un gage de « révolution énergétique« , selon des experts. Le mégabarrage doit atteindre à terme une capacité de production de 5.000 mégawatts (MW), soit le double de ce que le pays produit actuellement. La première pierre du GERD, immense ouvrage de 1,8 kilomètre de large pour 145 mètres de haut, d’une contenance totale de 74 milliards de mètres cubes d’eau, a été posée en avril 2011. Il va aussi permettre à Addis Abeba de générer d’importantes recettes grâce à l’électricité vendue à ses voisins.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a estimé, début septembre 2025, les retombées du GERD à 1 milliard de dollars par an, pour un coût total évalué à 4 milliards de dollars. Les festivités du lancement de ce géant ouvrage avaient commencé le 08 septembre avec lampions et lasers, un essaim de drones martelant des slogans positifs dans le ciel – comme « l’ascension géopolitique » et « un saut dans le futur« , et un feu d’artifice immense.

Sur les réseaux sociaux, les images du barrage, ornées du drapeau éthiopien, étaient légion à l’approche de l’inauguration. Tant le TPLF -le parti tigréen, au pouvoir jusqu’en 2018- que le parti d’Abiy Ahmed qui lui a succédé s’en attribuent le mérite.

© Afriquinfos & Agence France-Presse