Tshepo Lipholo en prison en présentant le Lesotho comme la 10è Province sud-africaine

Afriquinfos Editeur
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Dr Tshepo Lipholo, le leader du Basotho Covenant Movement (BCM)- (DR, https://www.thepost.co)

Maseru (© 2025 Afriquinfos)- Ce n’est pas souvent qu’on voit le Lesotho faire la ‘Une’ des médias à travers le monde. Cette soudaine popularité, le petit Royaume enclavé dans l’Afrique du Sud la doit à un député d’opposition, Dr Tshepo Lipholo. Ce dernier, non content de s’être auto-proclamé «chef suprême» du Basutoland, l’ancien nom colonial du pays, fait face à une procédure judiciaire. Pour avoir accusé le roi Letsie III et le Gouvernement d’avoir «signé un accord» pour faire du Lesotho la «dixième province de l’Afrique du Sud».   

Disposant d’un seul siège au Parlement du Lesotho, Dr Tshepo Lipholo, le leader du Basotho Covenant Movement (BCM), s’est attiré les foudres de la justice de son pays. Les chefs d’accusations qui pèsent contre lui sont notamment d’avoir «prononcé des propos séditieux et d’avoir incité à la violence publique» entre avril et juin 2025, via des publications sur les réseaux sociaux et des interviews radiophoniques. Il est également accusé d’avoir «porté atteinte à la dignité et à la réputation» de la famille royale, en se proclamant, « chef suprême du Basutoland », l’ancien nom colonial du pays, défiant ainsi l’autorité du Roi.

L’une des accusations fréquemment relayées par le député d’opposition est que le Roi Letsie III et le Gouvernement avaient «signé un accord» pour faire du Lesotho la «dixième province de l’Afrique du Sud». Dr Tshepo Lipholo a par ailleurs revendiqué la restitution de territoires sud-africains, notamment l’État libre (Free State) et des parties du Cap-Nord, du Mpumalanga, du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal, qu’il considère comme appartenant historiquement au Lesotho!

Ces régions où vivent encore de nombreux Basotho, avaient été saisies par les Afrikaners au XIXe siècle. Sa motion, débattue au Parlement lesothan, s’appuie sur une résolution de l’ONU de 1962 reconnaissant le droit à l’autodétermination du Basutoland. Il entend porter l’affaire devant le Parlement britannique, arguant que le Royaume-Uni, qui a accordé l’indépendance au Lesotho en 1966, n’a pas corrigé les frontières tracées par les Afrikaners.

Comparaissant devant la justice le lundi 13 juillet, Tshepo Lipholo, a demandé une remise en liberté sous caution qui lui a été refusée. En attendant sa prochaine comparution, le leader du Basotho Covenant Movement restera en détention.   

S. B.