Echos des Présidents exilés Alpha Condé et Rajoelina si près si loin de la politique de leurs pays

Afriquinfos Editeur
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Alpha Condé (DR)

Kinshasa (© 2026 Afriquinfos)- Les anciens dirigeants Malgache (Andry Rajoelina) et Guinéen (Alpha Condé) on fait parlé d’eux ces derniers jours.

L’ancien président guinéen Alpha Condé aurait contribué, dans la discrétion, aux préparatifs du futur dialogue national en République démocratique du Congo. Ce processus est lancé au moment où les discussions sur une révision de la Constitution, qui pourrait autoriser Félix Tshisekedi à briguer un troisième mandat, prennent de l’ampleur.

Annoncé par la présidence congolaise le 17 juillet 2026, ce dialogue résulte de consultations entre le chef de l’État congolais, plusieurs dirigeants de la région et des responsables religieux. D’après des informations rapportées par RFI, Alpha Condé aurait également participé aux échanges en amont.

Selon plusieurs sources citées par le média, l’ancien président guinéen n’apparaît sur aucune image officielle prise lors de l’annonce du dialogue au palais présidentiel de Kinshasa. Il aurait cependant bien été présent et aurait souhaité rester en retrait.

‘’Alpha Condé n’apparaît sur aucune des photos prises le jour de l’annonce du dialogue national au palais présidentiel de Kinshasa, mais plusieurs sources confirment sa présence’’, rapporte une source citée par RFI.

Son implication ne daterait pas seulement des derniers jours. Elle aurait commencé dès le début du mois de juillet. Alpha Condé aurait notamment été aperçu à Brazzaville lors de la visite de travail de Félix Tshisekedi au Congo le 3 juillet 2026.

Quelques jours plus tard, il aurait également rencontré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, lors d’un déplacement de ce dernier au Congo-Brazzaville.

D’après des proches du président congolais cités par RFI, Alpha Condé serait un interlocuteur de confiance pour Félix Tshisekedi. Le rapprochement entre les deux hommes remonterait à l’époque où leurs pères respectifs, Alpha Condé et Étienne Tshisekedi, figuraient parmi les grandes figures de l’opposition politique dans leurs pays.

Le rôle exact joué par l’ancien dirigeant guinéen dans le processus reste toutefois à déterminer. Si plusieurs sources confirment sa participation aux préparatifs, aucune précision officielle n’a encore été donnée sur la nature de son intervention.

Arrivé à la tête de la Guinée en 2010 après plusieurs décennies dans l’opposition, Alpha Condé a dirigé le pays jusqu’au coup d’État du 5 septembre 2021. Son troisième mandat, obtenu après l’adoption d’une nouvelle Constitution en 2020, avait provoqué de fortes contestations politiques et sociales.

Après sa chute, l’ancien président s’était installé à l’étranger, notamment en Turquie, avant de réapparaître progressivement sur la scène diplomatique africaine.

Andry Rajoalina écarté du dialogue national

L’ancien président Andry Rajoelina est quan tà lui écarté d’office du processus de concertation nationale par le colonel Michaël Randrianirina. Il l’a officialisé mardi dernier. Dans une interview publiée sur la page de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar, le PRRM a tenu un discours direct et sans détour en annonçant que ‘’le processus est réservé uniquement aux ressortissants Malagasy et non pas à ceux qui sont à l’extérieur. Et surtout pas à ceux qui ne sont plus Malagasy’’.

Il s’agit en effet d’une allusion à Andry TGV, dont la nationalité a été retirée par les tenants du régime de refondation au lendemain même de leur accession au pouvoir. Cette déclaration de l’actuel locataire d’Iavoloha fait suite à la résolution prise à l’issue du Sommet par visioconférence de la SADC, qui s’est déroulé lundi dernier, à l’issue duquel la Communauté de développement de l’Afrique australe a demandé « la libération des prisonniers politiques, la fin des arrestations arbitraires des dirigeants de l’opposition et des membres de la Génération Z, ainsi que le retour au pays des exilés politiques ». Des recommandations rejetées en bloc par les dirigeants de la Refondation à Madagascar.

Le colonel Michaël Randrianirina estime que le terme « inclusive » signifie la participation de tous ceux qui sont au pays, à savoir les associations de femmes, les jeunes et les représentants des partis politiques, y compris l’opposition. De leur côté, les dirigeants de la SADC ne l’entendent pas de cette oreille. Les principes des instances internationales prévoient en effet que la résolution de crise doit être réglée d’une manière consensuelle et inclusive. Tous les protagonistes et acteurs clés de la crise doivent donc se retrouver autour de la table des négociations. C’était le cas notamment en 2009, où l’ancien président Marc Ravalomanana, qui était alors en exil en Afrique du Sud, a été convié à toutes les rencontres des mouvances politiques qui étaient en conflit.

V.A.