Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Le Gouvernement togolais ne s’est pas, jusque-là, prononcé sur des accusations d’une partie de son Opposition selon lesquelles des «forces étrangères» seraient présentes dans le nord du pays. Evoquant notamment des mercenaires russes du groupe paramilitaire Africa Corps et des forces turques de la société militaire privée Sadat.
Alors que des opposants togolais ont exprimé leurs préoccupations concernant la présence présumée de «forces étrangères» dans le nord du pays (évoquant notamment des mercenaires russes du groupe paramilitaire Africa Corps et des forces turques de la société militaire privée ‘Sadat’), aucune source officielle n’a encore confirmé ou infirmé ces présences présumées.
Depuis fin 2021, l’extrême-nord de ce pays est en proie à des incursions de groupes jihadistes. Ils minent le Sahel voisin depuis une décennie et s’étendent progressivement aux pays côtiers, comme le Togo.
«La presse internationale révèle (…) notamment la présence au sol de forces étrangères. C’est le cas avec des forces turques, en partie de la société militaire privée ‘Sadat’ du même pays, et des forces spéciales de l’Africa Corps», ont publié trois regroupements de partis politiques de l’Opposition et d’Organisations de la Société civile dans un communiqué conjoint. «A Lomé, Ankara et Moscou, le silence est total sur les effectifs et les missions, cependant, la presse internationale évoque environ 350 personnels russes», rajoute le communiqué sus-mentionné.
Ces partis politiques et Organisations de la Société civile se disent «préoccupés par l’opacité qui entoure ces décisions stratégiques et les dérives qui peuvent en découler», ainsi que par les «risques d’exactions» contre les populations locales, évoquant des précédents sur d’autres théâtres d’opération en Afrique.
Ils réclament «l’ouverture immédiate d’un débat public sur la présence de toute force militaire ou paramilitaire étrangère au Togo» et exige «qu’aucune force étrangère ne soit engagée dans des opérations de surveillance, d’intimidation, d’arrestation ou de répression de la population».
Un accord-cadre de coopération militaire avec la Turquie
Il sied tout de même de préciser que Lomé avait signé un accord-cadre de coopération militaire avec la Turquie. Le Togo a également signé un accord de coopération militaire avec la Russie en 2025, permettant à Moscou de faire venir des instructeurs, des navires et des aéronefs militaires.
Ce pays est devenu, ces dernières années, un terrain fertile pour l’expansion de Moscou, qui ambitionne d’en faire un point d’ancrage dans le Golfe de Guinée après le Sahel où sont déployés ses soldats de l’Africa Corps, directement sous contrôle du ministère russe de la Défense.
Face aux incursions des groupes jihadistes, le Togo a instauré en juin 2022 « l’état d’urgence sécuritaire » dans la région des Savanes (nord), prorogé de 12 mois en février 2026. Environ 8.000 militaires togolais y sont déployés dans le cadre de l’opération «Koundjoaré», lancée en 2018.



