De nouveaux rassemblements ont eu lieu ce 28 mars au Niger et au Burkina pour protester contre une résolution du Parlement européen demandant la libération immédiate du Président nigérien Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023 par la Transition au pouvoir à Niamey.
Elu en 2021 et renversé par un coup d’Etat le 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum est depuis détenu avec son épouse dans une aile du Palais présidentiel à Niamey (capitale du Niger). Son mandat doit officiellement prendre fin ce 2 avril 2026. Mi-mars 2026, les députés européens ont demandé à la quasi-unanimité sa libération « immédiate et inconditionnelle ». Les juntes des pays de la Confédération de l’AES (Alliance des Etats du Sahel (AES, regroupant Niger, Mali et Burkina Faso) ont ensuite exprimé leur « vive indignation« .
À l’appel d’organisations de la Société civile et syndicales, de premiers rassemblements de protestation contre cette résolution avaient eu lieu le week-end dernier à Niamey et à Ouagadougou. Dans la matinée de ce 28 mars, un nouveau rassemblement s’est déroulé à Niamey avec des milliers de personnes, notamment des jeunes, regroupées devant l’ancienne Assemblée nationale, a constaté sur place l’AFP. « Les ennemis du Niger, à bas!« , a scandé la foule, après le discours d’un cadre de la junte dénonçant une attitude « irrespectueuse, inélégante, offensante, à la limite du mépris haineux » de la part des euro-députés, et qualifiant cette résolution de « torchon« .
À Ouagadougou, plusieurs centaines de manifestants ont aussi défilé en direction du siège de l’Union européenne dans la capitale, pour protester contre « l’ingérence de l’Union européenne dans les affaires internes » des pays de l’AES. Ils ont brandi des drapeaux des pays de l’AES, de la Russie, et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « à bas l’Union européenne« , « à bas le Parlement européen » ou encore « victoire au peuple nigérien« .
Les Transitions de l’AES, arrivées au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023, ont toutes tourné le dos à la France, ex-puissance coloniale, et à certains alliés occidentaux pour se rapprocher de Moscou mais aussi de l’Iran, de la Turquie, du Venezuela ou encore Cuba. Elles défendent une politique panafricaniste, souverainiste et anti-impérialiste. En mars 2025, le régime nigérien a prolongé de cinq ans, au minimum, sa Transition à la tête du Niger, en proie à des attaques jihadistes meurtrières qui ne faiblissent pas, selon divers experts occidentaux.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



