Rabat (© 2026 Afriquinfos)- Le Maroc vient d’ouvrir une nouvelle page de son histoire politique, avec la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, ce 29 septembre au poste de Cheffe du gouvernement, par le Roi Mohammed VI. Cette accession, celle d’une femme à la plus haute responsabilité gouvernementale est une première dans l’histoire politique du Royaume.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri en tant que Cheffe du gouvernement, fait suite à la victoire de son parti, Parti authenticité et modernité (PAM), qui est arrivé en tête avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, lors des élections législatives tenues le 23 septembre 2026 au Maroc.
Juste après sa nomination, Fatima Ezzahra El Mansouri, la nouvelle Cheffe du gouvernement a été reçue au palais royal de Rabat par le Monarque. Ce dernier «l’a chargée de former le nouveau gouvernement», selon un communiqué du cabinet royal. La nouvelle cheffe du gouvernement devra ainsi engager les consultations nécessaires à la formation du prochain gouvernement.
Ancienne coordinatrice de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité (PAM) et maire de Marrakech, Mme Ezzahra El Mansouri endosse désormais un rôle comparable à celui du Premier Ministre en France. Tout en voulant «redonner espoir» aux jeunes, elle va faire face à un défi de taille dans un pays confronté à de profondes attentes économiques et sociales.
Les lourds chantiers et nombreux dossiers qui attendent Ezzahra El Mansouri
Au-delà des tractations politiques, elle devra s’atteler à plusieurs chantiers, comme la hausse du chômage et du coût de la vie ainsi que les disparités sociales, qui frappent particulièrement la jeunesse.
Les Marocains attendent également 2030 avec impatience, date à laquelle le pays co-organisera la Coupe du Monde de football avec l’Espagne et le Portugal. Au cours de son mandat, qui est fixé à cinq années, elle devra également porter le projet du plan d’autonomie pour le territoire disputé du Sahara occidental.
Mais plus que ces thématiques majeures, Fatima Ezzahra El Mansouri s’est fait un nom dans le monde politique marocain en s’adressant aux citoyens du pays les moins âgés pendant la campagne. «Les jeunes traversent une crise et nous devons leur apporter des réponses. Nous voulons leur redonner espoir, non seulement par des discours, mais aussi par des solutions concrètes», a-t-elle déclaré.
Le scrutin s’est tenu moins de deux mois après la crise migratoire de Ceuta, qui a de nouveau braqué les projecteurs sur le malaise de la jeunesse marocaine.
Mais à exactement 50 ans, la nouvelle Cheffe du gouvernement va pouvoir s’appuyer sur une riche expérience en politique pour faire face à ces différents dossiers épineux. Dès 2009, celle qui est issue d’une famille de notables de Marrakech a été introduite au monde de la politique en devenant maire de Marrakech, lors d’élections communales où elle représentait déjà le PAM, un parti du centre-gauche.
Maire de Marrakech à deux reprises
Avocate de formation et figure connue de la vie politique marocaine, Fatima Ezzahra El Mansouri dispose d’une expérience importante dans la gestion publique. Née le 3janvier 1976, elle a notamment été élue maire de Marrakech en 2009, devenant alors, à 33 ans, la première femme à accéder à la tête de la ville ocre.
Elle est ensuite devenue députée, en 2011. Grâce à son ascension rapide, elle est classée à la tête des 20 jeunes femmes les plus influentes d’Afrique d’après le média américain Forbes, en 2014.
Plusieurs années plus tard, plus précisément en 2021, elle revient à la mairie de Marrakech et a également fait partie du Gouvernement du Premier Ministre Aziz Akhannouch en tant que Ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. La principale intéressée ne manque pas de revendiquer son lien avec la «ville rouge».
«J’ai commencé la politique au niveau local, la confiance, je la puise dans les citoyens de Marrakech qui m’ont fait confiance», a-t-elle confié récemment dans un podcast.
En 2024, elle a succédé à Abdellatif Ouahbi en tant que coordinatrice de la direction collégiale du PAM. A présent figure majeure du parti, elle va devoir constituer les alliances nécessaires pour disposer d’une majorité gouvernementale. Elle a jusqu’au 4 octobre, date de la rentrée parlementaire marocaine, pour y parvenir.
Au-delà de son aspect politique, cette nomination restera comme un moment historique pour la représentation des femmes dans les institutions marocaines. Elle vient inscrire une nouvelle figure féminine au sommet de l’appareil exécutif et constitue un signal majeur quant à l’évolution de la participation des femmes à la conduite des affaires publiques.
Vignikpo Akoéné



