New-York (© 2025 Afriquinfos)- Le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé ce 18 novembre 2025 les États du Sahel à mettre de côté leurs différends pour faire face à l’explosion des attaques des groupes djihadistes dans cette région en proie à une crise humanitaire.
Le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé cet appel inédit à l’unité lors d’une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU ce mardi 18 novembre. Face à une situation sécuritaire de plus en plus préoccupante au Sahel, il exhorte les pays de la région à surmonter leurs divergences politiques pour établir une coopération renforcée entre leurs Services de Renseignements et de sécurité.
‘’Je suis conscient des profondes divergences politiques qui existent dans la région. Mais il est absolument essentiel que, malgré ces divergences, nous mettions en place une plateforme de coopération entre les Services de Renseignements et de sécurité des pays de la CÉDÉAO, de l’AES de la Mauritanie, du Tchad et de l’Algérie afin de permettre une action coordonnée contre le terrorisme’’, a affirmé M. Guterres.
Les données de l’organisation Accled, analysées par l’AFP révèlent une augmentation dramatique des attaques djihadistes dans la région. En six ans, le nombre d’attaques est passé de 1.900 en 2019 à plus de 5.000 en 2024, principalement concentrées à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Cette zone, désormais grande comme deux fois l’Espagne, est le théâtre de violences qui ont fait des milliers de victimes civiles, selon ces sources précitées.
En juillet 2024, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont fondé l’AES (Alliance des États du Sahel) avant de quitter la CEDEAO six mois plus tard, reprochant à leurs voisins ouest-africains un manque de soutien dans la lutte contre le djihadisme.
Aujourd’hui, les membres de la CEDEAO, eux-mêmes confrontés à des crises internes, peinent à envisager l’envoi de renforts. Des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo et le Ghana doivent assurer eux-mêmes la sécurité à leurs propres frontières. Les dirigeants des trois pays de l’AES, arrivés au pouvoir par des coups d’État, maintiennent une ligne souverainiste et anti-impérialiste, rendant difficile l’acceptation d’une aide extérieure sans compromettre leur position politique.
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