France et Ukraine, cibles répétitives de la manipulation de l’information en Afrique et au-delà

L'Ukraine demeure la principale cible des menaces de manipulation de l'information (FIMI) avec 112 incidents, suivie de la France avec 107 incidents, ce qui en fait le deuxième pays le plus ciblé au monde.

Afriquinfos Editeur
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Des éléments de Barkhane au Sahel entre 2013 et fin 2022.
Des éléments de Barkhane au Sahel entre 2013 et fin 2022.

Paris (© 2026 Afriquinfos)- L’Ukraine demeure la principale cible des menaces de manipulation de l’information (FIMI) avec 112 incidents, suivie de la France avec 107 incidents, ce qui en fait le deuxième pays le plus ciblé au monde. Ce sont les révélations du 4è Rapport du SEAE (Service Européen pour l’Action extérieure). Un document qui confirme une accélération et une transformation profondes des menaces de manipulation de l’information à l’échelle mondiale.

Ensuite suivent: la Moldavie, 94, l’Allemagne, 71, les États-Unis, 51 et le Royaume-Uni, 36 comme principales cibles. Au total, près de 200 organisations et environ 140 personnalités ont été visées. Les processus électoraux présentent à eux seuls près de 36% des incidents liés à des événements, confirmant leur vulnérabilité stratégique, une rupture technologique majeure.

’En 2025, 540 opérations ont été détectées à l’échelle mondiale, mobilisant 10.500 rencontres et sites et générant 43.000 contenus, avec une portée désormais globale et systémique contre 505 en 2024. Depuis plus de deux ans, la France est le 2è pays le plus ciblé par les FIMI en Europe après l’Ukraine, 107 en 2025’’, renseigne le rapport.

Ces opérations majoritairement attribuées à la Russie et à la Chine s’inscrivent pleinement dans des stratégies de guerre hybride visant en priorité les processus électoraux, les institutions démocratiques et la cohésion des sociétés occidentales.

L’intégration massive de l’IA (Intelligence artificielle), 27% des cas, plus 259 %, marque une rupture permettant à une production industrielle de contenus et une diffusion à grande échelle au service d’une logique de saturation informationnelle et de déstabilisation cognitive.

Face à cette montée en puissance, le Rapport marque un tournant en appelant à passer d’une logique d’analyse à une stratégie de dissuasion active visant à augmenter les coûts, réduire les capacités et perturber les chaînes de valeur des acteurs malveillants.

Dans ce contexte, la France est dotée d’une stratégie de riposte holistique combinant exposition et influence, mise sous sanction des acteurs féminins, régulation européenne des plateformes et coordination interministérielle. Cette approche s’incarne notamment dans l’initiative « Frontier Response » qui a franchi le 18 mars le seuil des 200.000 abonnés. Illustration de la capacité française à structurer une réponse offensive et crédible dans le champ informationnel.

Une montée en puissance globale. En 2025, 545 incidents furent détectés à l’échelle mondiale touchant plus de 100 pays et mobilisant 10.550 sites et canaux, informe le Rapport sus-mentionné.

‘’Ces opérations ont généré environ 43.000 contenus diffusés sur 19.000 plateformes dont 88% sur X. Près de 65% des incidents restent non attribués, mais présentent des signes de coordination, tandis que 35% sont attribués à la Russie, 29% et à la Chine, 6%. Ces données confirment la structuration d’une véritable industrie de la manipulation, souvent qualifiée de FIMI et service, des démocraties particulièrement ciblées’’, peut-on également lire dans le document.

L’année 2025, indique encore la même source, ‘’marque une accélération décisive de l’usage de l’IA (Intelligence artificielle) dans les opérations d’attaques. Environ 27% des incidents impliquent des outils d’IA, soit une hausse de 259% par rapport à 2024. Les acteurs malveillants utilisent désormais des deepfakes du clonage vocal et des contenus multilingues générés automatiquement’’.

Le Rapport souligne que l’objectif n’est plus seulement de convaincre, mais de saturer l’espace informationnel afin de créer un véritable chaos cognitif. La Russie reste l’acteur principal responsable de 29% des incidents, intégrant pleinement l’infini à sa stratégie hybride.

La Chine, avec 6% des incidents, développe une approche plus discrète, combinant influence et suppression de l’information. Ces deux acteurs convergent ponctuellement dans la diffusion de narratifs anti-Occidentaux. Les processus électoraux sont systématiquement ciblés. La Russie applique un schéma en trois phases: délégitimer les leaders, exploiter les divisions internes, puis contester l’intégrité du scrutin. Ce modèle a été observé notamment en Allemagne, en Moldavie, en Pologne et devrait se reproduire en 2026.

Les opérations FIMI reposent sur une architecture complexe combinant acteurs étatiques, intermédiaires, infrastructures numériques et réseaux d’amplification. Cette structuration permet une diffusion rapide et coordonnée des contenus à l’échelle globale.

V. A.