Indignation en Tanzanie aprĂšs un accouchement dans un commissariat

Afriquinfos
3 Min de Lecture

Morogoro (© 2018 Afriquinfos) –  Des ONG tanzaniennes de dĂ©fense des droits de l’Homme se sont indignĂ©es samedi du comportement de policiers restĂ©s sourds aux appels Ă  l’aide d’une femme arrĂȘtĂ©e alors qu’elle Ă©tait sur le point d’accoucher, et qui a finalement donnĂ© naissance au commissariat, sans assistance.

Amina Raphael Mbunda, 26 ans, avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e dans la nuit du 2 au 3 juin Ă  son domicile, dans le district de Kilombero, en province de Morogoro (est), par la police qui Ă©tait Ă  la recherche de son mari soupçonnĂ© d’avoir achetĂ© un lit volĂ©, a racontĂ© cette femme au quotidien Mwananchi.

Sur le point d’accoucher, elle a demandĂ© avec insistance d‘ĂȘtre emmenĂ©e Ă  l’hĂŽpital, en vain. Elle a finalement accouchĂ© aux petites heures du matin sur la pelouse du commissariat, sans assistance mĂ©dicale, a ajoutĂ© la mĂȘme source.

Nous demandons au chef de la police de prendre des sanctions contre ses agents, qui ont fait preuve d’un manque de professionnalisme dans leur travail

Le commandement de la police de Morogoro, qui a annoncĂ© l’ouverture d’une enquĂȘte, a confirmĂ© les faits, qui ont provoquĂ© une vague d’indignation en Tanzanie la semaine Ă©coulĂ©e.

“C’est une honte pour les forces de police”, a soutenu samedi Helen Kijo-Bisimba, secrĂ©taire exĂ©cutive du Centre juridique et des droits de l’Homme, principale ONG tanzanienne de dĂ©fense des droits de l’Homme, dans un tweet.

“Comment une personne peut-elle ĂȘtre arrĂȘtĂ©e pour une infraction pĂ©nale commise par une autre ? Et puis, (les policiers, ndlr) ne voyaient-ils pas qu’elle Ă©tait Ă  terme ? Que ce serait-il passĂ© si elle Ă©tait morte au commissariat de police ?”, a-t-elle interrogĂ©.

Pour l’ONG tanzanienne Coalition contre les violences faites aux femmes et aux enfants, les policiers “ont mis en danger la vie de la mĂšre et de l’enfant et les ont humiliĂ©s”. “Cet incident rallonge la liste des cas de personnes victimes d’actes de cruautĂ© et d’humiliation infligĂ©s par les forces de police”.

“Nous demandons au chef de la police de prendre des sanctions contre ses agents, qui ont fait preuve d’un manque de professionnalisme dans leur travail”, a appelĂ© la Coalition dans un communiquĂ©.

InterpellĂ©e vendredi par des dĂ©putĂ©s sur cet incident, la ministre de la SantĂ© et du Genre, Ummy Mwalimu, a indiquĂ© que le gouvernement est “au courant” et qu’une enquĂȘte avait Ă©tĂ© ouverte.