Guerre civile en cours au Tigré: Nouvelles accusations de l’Ethiopie envers de puissants voisins!

Afriquinfos Editeur
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Le maréchal de camp Birhanu Jula (DR-Institute of Foreign Affairs - IFA)

Addis-Abeba (© 2026 Afriquinfos)- Quatre ans après la fin officielle de la guerre du Tigré, l’une des plus meurtriers au monde ces dernières années, qui a fait au moins 600.000 morts entre 2020 et 2022, les combats ont repris dans le nord de l’Éthiopie ce 22 septembre 2026, pour les mêmes raisons que lors de la guerre civile de 2020-2022. L’Ethiopie accuse ses voisins d’être à l’origine de ces nouveaux affrontements.

Ce dimanche 27 septembre, c’est le Chef d’’Etat-major de l’armée fédérale éthiopienne qui a accusé l’Erythrée et le Soudan voisins, ainsi que l’Egypte de soutenir les groupes armés qui combattent ses troupes depuis mercredi dans le nord de l’Ethiopie.

Bien avant l’armée, leLe Président éthiopien Taye Atske-Selassie Amde a dénoncé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies l’ingérence d’« acteurs extérieurs irresponsables » et hostiles qui cherchent à déstabiliser l’Éthiopie.

Le dirigeant a ouvertement accusé son voisin érythréen d’apporter un soutien financier, logistique et militaire à la coalition rebelle (baptisée « Alliance des forces des peuples éthiopiens pour la survie ») afin de renverser le gouvernement du Premier Ministre Abiy Ahmed. Les services de renseignement font état d’une alliance stratégique

Les combats ont repris mercredi dans le nord du pays, où le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui gouverne de fait l’Etat régional, illégalement selon le gouvernement fédéral, a indiqué répondre à une «invasion» des forces fédérales éthiopiennes. Une guerre meurtrière a déjà opposé les deux camps entre 2020 et 2022.

Des combats ont depuis été signalés dans les Etats régionaux voisins de l’Amhara et de l’Afar, dans des zones frontalières du Tigré. Mais les communications étant en grande partie coupées au Tigré et ses environs depuis vendredi, l’évolution des combats est difficile à déterminer.

En Amhara, les miliciens locaux Fano, qui ont pris les armes contre le gouvernement fédéral en 2023, participent aux combats, selon Acled, une ONG spécialisée dans la collecte et l’analyse des conflits.

‘’Nous combattons des forces organisées et alliées pour servir les intérêts de forces extérieures’’, a affirmé sur la chaîne Youtube des forces armées éthiopiennes (ENDF)’’, le Chef d’état-major, le maréchal Birhanu Jula.

‘’Ni l’Erythrée, ni le TPLF ne peuvent arriver à quoi que ce soit seuls, même alliés, à moins d’être soutenus et approvisionnés par le Soudan, l’Egypte et d’autres puissances extérieures’’, qu’il n’a pas nommées, a accusé le maréchal Jula.

Les autorités éthiopiennes accusent depuis plusieurs mois le TPLF de s’être rapproché de l’Erythrée voisine. Le 22 septembre, sept groupes armés de divers Etats régionaux d’Ethiopie, dont les Fano et le TPLF, avaient annoncé former une alliance pour «renverser» le gouvernement fédéral.

Dimanche, un drone a frappé un immeuble hébergeant la télévision officielle du Tigré, à Mekele, capitale de cet Etat régional le plus septentrional de l’Ethiopie, dont les autorités rebelles se disent en «guerre totale» contre le gouvernement fédéral, ont indiqué plusieurs journalistes de la chaîne à l’AFP.

En Afar, une source au sein d’une ONG locale a indiqué à l’AFP que les forces du TPLF s’étaient emparées dimanche de la localité d’Erebti, située dans une zone montagneuse à une soixantaine de kilomètres de la frontière du Tigré par la route, après d’intenses combats ayant notamment impliqué des tirs d’artillerie lourde.

Selon cette source, les combattants tigréens progressent désormais vers la localité d’Afdera, à une centaine de kilomètres plus à l’est, verrou vers l’unique axe arrivant de Djibouti, d’où vient l’essentiel des importations de l’Ethiopie enclavée.

‘’Sur la base des estimations reçues des communautés’’, on peut ‘’dire prudemment que 150.000 personnes sont désormais déplacées» des zones de l’Afar théâtres de combats, a précisé la source humanitaire, même s’il est selon elle «impossible de connaître leur nombre exact car il est impossible d’accéder aux zones rurales’’.

‘’A l’heure actuelle, nous essayons de rassembler de la nourriture’’ et ‘’de l’eau à apporter par camions’’ aux déplacés, a ajouté cette source.

Des accusations rejetées du côté de l’Erythrée

La reprise des combats dans le nord de l’Ethiopie, après des mois de tension, fait planer le spectre d’une nouvelle guerre à grande échelle, quatre ans après un précédent conflit au Tigré, l’un des plus meurtriers au monde ces dernières années, qui a fait au moins 600.000 morts entre 2020 et 2022, selon une estimation de l’Union africaine jugée basse par de nombreux experts.

La reprise des combats dans le nord de l’Ethiopie, après des mois de tension, fait planer le spectre d’une nouvelle guerre à grande échelle,

Asmara (l’Érythrée) a fermement rejeté ces accusations, qualifiées de propagande éthiopienne destinée à masquer ses propres ambitions territoriales d’accès à la mer Rouge.

Déjà, entre le 1er août et le 20 septembre, une quinzaine de drones ont frappé plusieurs lieux du Tigré, ce qui selon le FPLT, a conduit à reprendre les armes pour ‘’une opération défensive de grande ampleur’’.

Les affrontements ont repris brutalement dans le nord de l’Éthiopie. Le 22 septembre, une offensive coordonnée des Forces de défense tigréennes (FDT), la branche militaire de Front populaire de libération Tigré (FPLT), ont mené des attaques dans plusieurs zones du nord du pays, dans les régions du Tigré donc, mais aussi de l’Afar et de l’Amhara. Appuyés par des groupes armés régionaux, l’objectif annoncé du FPLT est de ‘’destituer le gouvernement’’.

V.A.