Le Caire (© 2025 Afriquinfos)- Après vingt ans de travaux, Le Caire a inauguré en grandes pompes ce samedi 1er novembre, le Grand musée égyptien, vitrine pharaonique de la civilisation antique destinée à stimuler le tourisme local. La cérémonie d’inauguration a connu la participation de 79 délégations officielles, dont 39 présidées par des Rois, des Princes et des Chefs d’Etat et de Gouvernement venus des quatre coins du monde.
Parmi les dirigeants africains, on notait les Présidents de Djibouti, de la Somalie, de la RDC, de la Guinée équatoriale, du Ghana, d’Érythrée, le Président du Conseil présidentiel libyen et le Président du Conseil de direction, le président de la Commission de l’Union Africaine.
Des ministres et parlementaires venus de Zambie, d’Angola, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, d’Afrique du Sud, du Gabon, du Tchad, du Kenya, du Rwanda, du Togo, du Maroc y étaient également.
Cette présence « sans précédent » pour l’inauguration du plus grand musée au monde dédié à une seule civilisation montre l’intérêt international pour la vision de l’État égyptien de marier l’antiquité du passé avec la créativité du présent et la prospérité du futur ». Cela « confirme la position unique de l’Égypte en tant que pont civilisationnel entre tous les peuples du monde cherchant la culture et la paix« . A cette occasion, le ciel du Caire a été illuminé par des spectacles réalisés grâce à la technologie holographique, illustrant diverses figures et symboles pharaoniques. Notamment le sarcophage du roi Toutankhamon et son masque funéraire.
Réalisé sur une superficie avoisinant les 500 mille mètres carrés, ce Musée constitue un chef d’œuvre civilisationnel en ce sens qu’il met en lumière plus de 100 mille pièces et objets archéologiques retraçant l’histoire de la civilisation égyptienne qui a vu défiler trente dynasties sur 5000 ans d’histoire. La construction de ce bâtiment a coûté plus d’un milliard de dollars, et exigé vingt ans de travaux titanesques.
Spectacle à la hauteur de l’évènement
L’inauguration du GEM (Grand musée égyptien) du Caire s’est déroulée lors d’une soirée fastueuse. Lasers, orchestre symphonique, danseurs en tuniques inspirées des fresques antiques, sceptres et couronnes dorées: le spectacle était pharaonique. « Nous écrivons un nouveau chapitre de l’histoire du présent et du futur, au nom de cette patrie ancienne« , a dit le Président, Abdel Fattah al-Sissi. En saluant « le plus grand musée du monde dédié à une seule civilisation » devant un parterre de Rois, Chefs d’État et dirigeants internationaux.
« C’est un témoignage vivant du génie des humains d’Égypte« , a-t-il ajouté sur le grand parvis du bâtiment de pierre et de verre, en surplomb des pyramides de Gizeh nimbées de lumières dorées. À l’arrivée des invités, des drones ont dessiné un message au-dessus des trois pyramides et du sphinx, souhaitant la « bienvenue au pays de la paix », en anglais.
Ont suivi des scènes spectaculaires de ballets et opéras animées par des dizaines d’artistes et de figurants en costumes à l’antique, avant qu’un feu d’artifice géant n’illumine le ciel. « Nous avons tous imaginé et rêvé de ce projet, nous nous sommes demandés si cela allait vraiment se réaliser, si nous allions tous voir sa mise en œuvre« , a rappelé le Premier ministre Mostafa Madbouly, lors d’un point de presse.
La construction du musée, sur un espace d’un demi-million de mètres carrés, avec le soutien financier et technique du Japon, a coûté plus d’un milliard de dollars et nécessité vingt ans de travaux titanesques.
Une vision, une concrétisation
Le projet « remonte à environ trente ans et après une période d’arrêt en raison des circonstances traversées par l’Égypte à partir de 2011, la majeure partie du processus (….) s’est déroulée au cours des sept à huit dernières années« , a relevé le Premier ministre Madbouly.
L’attraction phare est le trésor de Toutankhamon, découvert en 1922 dans un tombeau inviolé de la Vallée des Rois, en Haute-Égypte, avec près de 5.000 objets funéraires réunis pour la première fois dans le même espace.
Au total, le musée, le GEM, abrite plus de 100.000 vestiges dont la moitié seront exposés, légués par les trente dynasties qui ont façonné l’Égypte antique. À l’ouverture au public, les visiteurs seront accueillis dans l’immense atrium par le colosse de Ramsès II – 83 tonnes de granite, onze mètres de haut -, légué par ce pharaon conquérant et bâtisseur qui a régné il y a plus de 3.000 ans.
Contrairement au musée égyptien bâti à l’époque coloniale au centre du Caire, désormais désuet et décrépi, le GEM propose des galeries immersives, un éclairage de précision, des expositions en réalité virtuelle et même un musée pour enfants. « L’Égypte va devenir le centre de l’égyptologie (…) il n’est pas acceptable que la plupart des Conférences internationales se tiennent hors du pays« , a relevé le ministre du Tourisme, Sherif Fathi, lors d’un échange avec la presse.
Les férus d’archéologie pourront y suivre, à travers une baie vitrée, les travaux du laboratoire de conservation pour restaurer une barque solaire vieille de 4.500 ans, retrouvée enterrée près de la pyramide de Khéops. Après plusieurs reports liés au Printemps arabe, puis à la pandémie de Covid-19, l’ouverture officielle du musée avait été fixée à début juillet. Mais les autorités égyptiennes ont préféré la reporter à la dernière minute, en raison des tensions régionales pour offrir à l’événement « l’ampleur mondiale qu’il mérite« .
V. A.



