Des élections présidentielle et législatives « seront programmées cette année 2025 », a réaffirmé ce 24 septembre le Premier ministre guinéen, considérant le « Oui » massif au projet de nouvelle Constitution soumis à référendum le 21 septembre 2025 comme un « mandat de confiance« .
Cette Constitution approuvée à 89% par les électeurs, selon des résultats provisoires, doit permettre l’organisation d’élections pour mettre fin à la Transition depuis la prise de pouvoir par des militaires en septembre 2021. Le scrutin du 21 septembre 2025 a été boycotté par les principaux partis de l’Opposition. Devant la presse, le Premier ministre Amadou Oury Bah a assuré que ce « mandat de confiance ouvre la voie aux prochaines étapes du processus de retour à l’ordre constitutionnel« , avec l’organisation de la présidentielle et des législatives sans donner de date précise.

Le chef de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, avait déjà promis dans ses voeux du Nouvel An que 2025 serait une « année électorale cruciale pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel ». Le « Oui » à la nouvelle Constitution l’a emporté à 89,38%, selon les résultats provisoires officiels, avec un taux de participation de 86,42%. Ce « taux de participation consacre la légitimité de la nouvelle Constitution » et illustre « la réconciliation entre l’État et la Société civile » guinéenne, a assuré le Premier ministre.
Les résultats définitifs seront annoncés par la Cour suprême d’ici la fin de la semaine, a encore complété M. Bah. Féroce critique de la junte, l’ex-Premier ministre et opposant en exil Cellou Dalein Diallo, a qualifié mardi, 23 septembre, ce scrutin de « mascarade » visant à « blanchir le coup d’État » du 5 septembre 2021. M. Diallo ainsi que d’autres partis d’opposition avaient appelé au boycott du scrutin. Pour Amadou Oury Bah, ces critiques sont « l’expression d’un mépris profond pour la grande majorité de la population« .
Les Missions d’observation de la CEDEAO et de l’Union Africaine ont salué l’organisation du scrutin qui « s’est bien déroulé« , selon un communiqué conjoint publié ce 24 septembre 2025. L’organisation du référendum permet à la Transition de donner le change aux exigences d’élections de la communauté internationale et des bailleurs. Les autorités souhaitent se normaliser et renouer avec les organisations régionales et internationales.
Plusieurs partis politiques et médias ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la Société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil. Les disparitions forcées et enlèvements se sont aussi multipliés. Tout semble indiquer que M. Doumbouya sera candidat, en dépit de sa promesse de ne pas se présenter à une présidentielle en 2021.
Le calme régnait dans les rues de Conakry ce 24 septembre au lendemain de l’annonce des résultats. « On est très contents du résultat. On veut vraiment que le pays avance« , a déclaré à l’AFP Mamoudou Diop, un vendeur de téléphone de 45 ans. Quant au sujet d’une candidature du chef de la Transition, Kemo Dioubate, un chauffeur de 52 ans, dit ne « pas être contre« : « Si c’est bon pour la Guinée, c’est bon pour tous les Guinéens« .
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