Ethiopie: Que reproche le pouvoir aux confrères Yonas Amare et Abdulsemed Mohamed?

Liberté de la presse en Ethiopie en 2025

Afriquinfos Editeur
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Vue aérienne d'Addis Abeba (photo, XINHUA).
Vue aérienne d'Addis Abeba (photo, XINHUA).

Reporters sans frontières (RSF) a exhorté ce 21 aout les autorités de l’Ethiopie à « libérer immédiatement » deux journalistes éthiopiens arrêtés, dénonçant la multiplication des atteintes à la liberté de la presse dans le 2è pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 130 millions d’habitants).

Abdulsemed Mohamed, qui anime une émission économique sur la station privée ‘Ahadu Radio’, a disparu le 11 août dans la capitale éthiopienne Addis Abeba et a été vu trois jours plus tard « accompagnant des policiers qui ont perquisitionné son bureau », selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), citant un proche. Yonas Amare, rédacteur en chef du quotidien The Reporter, a été « enlevé par un groupe d’individus masqués » le 13 août à son domicile à Addis Abeba, a affirmé son média.

Un journaliste du Reporter ayant requis l’anonymat a indiqué que le Gouvernement n’avait pas répondu aux requêtes du journal sur le sort de M. Yonas. Mais « des témoins oculaires nous ont dit qu’il avait été emmené par les Forces de sécurité gouvernementales« , a-t-il ajouté. « RSF s’inquiète de la manière dont les journalistes Yonas Amare et Abdulsemed Mohamed ont été arrêtés et du silence des autorités qui n’ont pas encore officiellement fourni d’informations sur les motifs et les conditions de leur arrestation« , a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau de RSF pour l’Afrique subsaharienne.

M. Marong a exhorté « les autorités éthiopiennes à fournir des informations sur le sort de ces deux journalistes et à les libérer immédiatement« , dénonçant la multiplication des atteintes à la liberté de la presse en Ethiopie. Interrogé, le porte-parole de la Police d’Addis Abeba n’a pour l’heure pas réagi. Plusieurs journalistes ont été arrêtés ces derniers mois dans le pays, où des élections législatives sont prévues en juin 2026. Ils ont depuis été libérés.

Mi-avril 2025, trois employés de ‘l’Addis Standard‘, un quotidien en ligne en anglais, ont été détenus pendant plusieurs heures après une descente policière et des saisies dans leurs locaux. A son arrivée au pouvoir en 2018, le Premier ministre Abiy Ahmed avait été salué pour son ouverture, après presque trois décennies dominées par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui a dirigé le pays d’une main de fer 1991 à 2018.

Mais l’Ethiopie pointe cette année au 145e rang sur 180 pays dans le Classement de la liberté de la presse établi par RSF, en baisse de quatre places sur un an. L’ONG critique une « reprise en main du champ de l’information » par le pouvoir. Selon RSF, six journalistes sont emprisonnés à ce jour en Ethiopie.

© Afriquinfos & Agence France-Presse