Mogadiscio (© 2026 Afriquinfos)- Ce mardi 6 janvier, le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, s’est rendu dans la capitale du Somaliland pour officialiser la reconnaissance par l’Etat hébreu de l’indépendance de ce territoire de la Corne de l’Afrique. Cette visite vivement dénoncée par la Somalie, intervient dix jours après qu’Israël a officiellement reconnu cette république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.
Dans un communiqué publié sur X, le ministère somalien des Affaires étrangères a vivement réagi à cette visite: ‘’La République fédérale de Somalie condamne dans les termes les plus forts l’incursion non autorisée du ministre israélien des Affaires étrangères à Hargeisa.’’
Le ministère des Affaires étrangères somalien a condamné une ‘’incursion non autorisée du ministre israélien des Affaires étrangères à Hargeisa, partie intégrante et indissociable du territoire souverain’’ somalien, ainsi qu’une « interférence inacceptable dans les affaires internes » du pays.
Le même jour, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a, à l’issue d’une réunion spéciale, condamné la reconnaissance du Somaliland par Israël et appelé à sa ‘’révocation immédiate’’.
La Ligue arabe a pour sa part exprimé mardi son ‘’rejet total de toute relation officielle ou quasi officielle’’ avec le Somaliland en dehors du ‘’cadre de la souveraineté nationale somalienne’’, ajoutant dans un communiqué que cela ‘’compromettrait la paix et la sécurité régionales et exacerberait les tensions politiques en Somalie, en mer Rouge, dans le golfe d’Aden et dans la Corne de l’Afrique’’.
Lors de sa première visite diplomatique à Hargeisa, la capitale du Somaliland, Gideon Saar a expliqué que, selon lui, Israël pouvait reconnaître le Somaliland mais non la Palestine, au motif que le Somaliland fonctionne depuis 35 ans conformément au droit international : ‘’Nous sommes honorés de prendre part au courageux parcours du peuple du Somaliland, de l’indépendance à la reconnaissance, c’est pour nous un insigne d’honneur d’être le premier État membre de l’ONU à reconnaître le Somaliland comme un État indépendant et souverain.’’
Selon des sources gouvernementales, la sécurité a été renforcée pendant la visite, qui a indigné Mogadiscio, avec des forces lourdement armées déployées autour des axes routiers-clés.
Le Somaliland a été brièvement un État reconnu en juin 1960 lorsqu’elle a obtenu son indépendance du Royaume-Uni, mais elle s’est volontairement unie à la Somalie quelques jours plus tard — quand la tutelle de l’Italie sur cette dernière a pris fin.
Le territoire bénéficie d’une position stratégique sur le golfe d’Aden et dispose de sa propre monnaie, de son passeport et de son armée.
Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud, avait affirmé la semaine dernière que le Somaliland avait accepté trois conditions d’Israël : la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l’établissement d’une base militaire dans le golfe d’Aden et l’adhésion aux accords d’Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël. Les deux premières allégations ont été qualifiées de « mensongères » par les autorités du Somaliland.
Le diplomate a rencontré le dirigeant somalilandais, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dit ‘’Irro’’, et établi formellement des relations diplomatiques. Les deux hommes se sont officiellement entretenus de questions liées à ‘’la diplomatie, [à] la sécurité, [au] commerce et [aux] investissements’’, selon un communiqué de la présidence somalilandaise.
V.A.



