Comment le géant panafricain SONATRACH donne du tonus à son expansion pétrolière internationale

Afriquinfos Editeur
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Le Siège de Sonatrach (DR-Forbes Afriques)

Niamey (© 2026 Afriquinfos)- Sonatrach poursuit son expansion. Après la Chine et l’Italie récemment, le groupe énergétique public algérien pose désormais ses valises au Niger, franchissant une nouvelle étape dans le développement du bloc pétrolier de Bilma, un gisement considéré comme l’un des projets les plus prometteurs de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Réunis le 29 août à Alger, le Ministre algérien de l’Énergie Mohamed Arkab et le Directeur général de la Société nigérienne du pétrole (Sonidep) Ali Seibou Hassane ont confirmé le lancement de la révision de l’étude de faisabilité du bloc pétrolier de Bilma. Une étape décisive avant l’élaboration du plan de développement et d’un calendrier de production.

Mohamed Arkab, et Ali Seibou Hassane, ont au cours de leur rencontre validé la feuille de route opérationnelle du projet. Les deux délégations ont ainsi acté la mise en œuvre d’une évaluation technique approfondie sur le périmètre de Bilma, localisé entre Diffa et Agadez.

Une capacité de ce site à plus de 20 000 barils de brut par jour

Sur le terrain, les ingénieurs de Sonatrach ont estimé la capacité de ce site à plus de 20 000 barils de brut par jour pour une durée d’exploitation fixée à vingt ans. En parallèle, la filiale de forage Enafor mène une campagne de prospection intense sur le puits Kafra Sud-Est 1 à une profondeur cible de 3 900 mètres.

Le groupe va gèrer ce permis d’exploration couvrant 23 737 kilomètres carrés pour certifier un stock estimé à plus de 260 millions de barils. Les dirigeants lient la rentabilité financière à la maîtrise des circuits logistiques régionaux. Les équipes techniques d’Enageo et de Naftal déploient des capteurs sismiques et structurent les réseaux de distribution de bitume pour sécuriser le transfert de compétences vers les cadres nigériens.

Le consortium énergétique concrétise ses premiers gains commerciaux grâce à l’exploitation des infrastructures de transport côtières d’Afrique de l’Ouest. Les deux compagnies ont validé le chargement d’une première cargaison conjointe de pétrole brut au terminal maritime de Sèmè au Bénin le vendredi 14 août 2026.

Cette manœuvre logistique ouvre un accès direct vers les acheteurs internationaux. Le brut extrait du bassin d’Agadem au Niger s’écoule désormais sur le marché mondial. Les compagnies expédient environ 90 000 barils par jour vers ces débouchés extérieurs. En parallèle, les infrastructures locales traitent une enveloppe de 20 000 barils raffinés quotidiennement. Cette production de carburant couvre l’intégralité des besoins du marché intérieur.

Sur le segment aval, les deux pays modernisent la raffinerie de Zinder pour augmenter les capacités locales de raffinage. Des discussions portent aussi sur l’approvisionnement en Jet A1 et produits routiers, ainsi qu’un futur complexe pétrochimique à Dosso.

Plus largement, ce rapprochement énergétique accompagne le réchauffement des relations algéro-nigériennes après les tensions de 2023. De fait, pour Sonatrach, Bilma et Kafra illustrent une stratégie africaine plus large : devenir un acteur majeur du développement des hydrocarbures du continent, de l’exploration à la commercialisation. Un pari audacieux dans un contexte sécuritaire sahélien qui reste toutefois fragile.

Ce redressement technique accompagne la normalisation des relations diplomatiques entre les deux États sous l’impulsion de la visite officielle à Alger du président de la transition nigérienne, le général Abdourahamane Tiani.

V.A.