Yaoundé (© 2026 Afriquinfos)- Le Président du Cameroun Paul Biya est de retour dans son pays après deux mois d’absence selon la présidence le jeudi 20 août 2026. D’après la presse camerounaise, le chef d’Etat camerounais se trouvait à Genève, en Suisse, avec sa famille et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs.
Le Président du Cameroun à la tête du pays depuis 1982 est rentré ce jeudi 20 août dans la capitale camerounaise, après plus de deux mois d’absence. Un retour qui relance dans l’opposition la vive controverse quant à sa capacité à diriger le Cameroun.
Après 73 jours hors du pays, Paul Biya est apparu ce jeudi à l’aéroport de Yaoundé en saluant la foule d’un geste de la main à travers la fenêtre légèrement entrouverte de la voiture qui le conduisait vers sa résidence, le palais d’Etoudi, accompagné de son épouse Chantal Biya.
Le dirigeant, âgé de 93 ans, avait quitté Yaoundé le 7 juin pour un «court séjour privé en Europe», selon les dires de la présidence. D’après la presse camerounaise, le chef d’Etat se trouvait à Genève, en Suisse, avec sa famille et quelques-uns de ses plus proches collaborateurs.
L’état de santé de Paul Biya, qui séjourne très régulièrement à Genève, fait l’objet de maintes rumeurs, contredites par le gouvernement. Le 18 juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait démenti l’hospitalisation du dirigeant camerounais dans une clinique genevoise, en réaction à des articles de presse.
Cette absence d’une longueur inédite a relancé le débat sur l’inertie du pouvoir camerounais et suscité de vives critiques de l’opposition, qui a dénoncé un «vide institutionnel» et un pays en «pilotage automatique», alors que la nomination d’un nouveau gouvernement et d’un vice-président est attendue depuis plusieurs mois.
Interrogé par l’AFP, Prosper Nkou Mvondo, leader du parti d’opposition Univers, a fustigé le retour du président. «Cela ne change rien qu’il soit là ou pas. Quand il est là, il ne fait rien. Je ne pense donc pas qu’il soit nécessaire de participer à ce spectacle», regrette-t-il.
Président depuis 1982, le doyen des Chefs d’Etat dans le monde, Paul Biya avait été réélu pour un huitième mandat en octobre 2025. Cette réélection avait donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang, le gouvernement reconnaissant «plusieurs dizaines» de morts sans fournir de bilan exact. Contestés par l’opposition, les résultats de l’élection présidentielle avaient également suscité une certaine réserve parmi les chancelleries occidentales.
V.A.



