Algérie-Emirats: Jeu virulent de ping-pong après la rupture d’un important accord aérien?

Sans aucune justification officielle, les autorités algériennes ont engagé une procédure officielle de dénonciation de la convention relative aux services aériens, signée avec les Émirats arabes unis en 2013 et ratifiée en décembre 2014.

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Algérie-Emirats: Jeu virulent de ping-pong après la rupture d'un important accord aérien?
Un appareil d'Emirates Airlines (DR).

Alger (© 2026 Afriquinfos)-  Abu Dhabi a adopté une position de prudence après l’annonce par l’Algérie de l’engagement d’une procédure officielle de dénonciation de la convention relative aux services aériens, signée avec les Émirats arabes unis en 2013 et ratifiée en décembre 2014. L’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA) des Émirats arabes unis indique que la décision des autorités algériennes n’a pas pour l’heure, de conséquences opérationnelles directes sur la desserte Alger-Abou Dhabi.

Sans aucune justification officielle, les autorités algériennes ont engagé une procédure de dénonciation de la convention relative aux services aériens signée avec les Émirats arabes unis en 2013 et ratifiée en décembre 2014. La notification a été transmise par voie diplomatique aux autorités émiraties ainsi qu’au Secrétaire Général de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), conformément à l’article 22 de l’accord. L’accord bilatéral définissait les conditions de survol, d’escales non commerciales ainsi que le transport de passagers, de bagages et de marchandises entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, tout en assurant un accès équitable aux aéroports et aux infrastructures.

Si cette démarche enclenchée par Alger ouvre une période transitoire d’environ douze mois avant que la rupture ne devienne juridiquement effective, elle pourrait avoir à terme, de graves répercussions sur le trafic aérien dans toute la région. En effet, l’Algérie, en raison de sa position géographique, constitue un corridor aérien stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Un durcissement des règles de survol obligerait les compagnies du Golfe à contourner son espace aérien, entraînant des temps de vol plus longs et des coûts accrus. Des perturbations susceptibles d’affecter le transport de passagers, le tourisme et le fret, avec des conséquences potentielles sur les échanges commerciaux et les investissements.

Face à cette perspective qui s’annonce sombre pour le secteur aérien régional, du côté d’Abu Dhabi, on a choisi la tempérance.  «La décision n’entraîne aucun impact immédiat sur le mouvement des vols, l’accord restant en vigueur durant le délai légal spécifié», martèle l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA) des Émirats arabes unis.

La partie émiratie dit maintenir la coordination avec Alger dans le respect des cadres juridiques et diplomatiques. A cet effet, la GCAA assure gérer les nouveaux développements avec «responsabilité et professionnalisme», tout en confirmant que la coordination se poursuit via les «canaux officiels et diplomatiques accrédités» en la matière.

S. B.