Le Soudan humilie en toute impunité la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition déployée sur son sol

Le Soudan réclame depuis jeudi 16 novembre au Secrétaire général de l’ONU la fin « immédiate » de la Mission politique des Nations Unies dans ce pays en guerre, selon une lettre de Khartoum qui circule aux Nations Unies.

Dans ce courrier officiel en arabe daté du 16 novembre — couvert par une lettre en anglais de l’ambassadeur du Soudan à l’ONU Al-Harith Idriss Al-Harith — le ministre des Affaires étrangères Ali Elsadig Ali fait part à Antonio Guterres de « la décision du Gouvernement soudanais de mettre un terme avec effet immédiat à la Mission intégrée des Nations unies pour l’assistance à la transition au Soudan (Minuats)« .

Le porte-parole d’A. Guterres, Stéphane Dujarric, a confirmé vendredi 17 novembre que cette lettre avait été bien reçue et précisé que la Minuats employait 245 personnes, dont 88 à Port-Soudan (ville qui a pris le relais de Khartoum ravagée, ndlr), Nairobi et Addis Abeba, au Kenya et en Ethiopie voisins. Ces courriers, que l’AFP a consultés vendredi, circulent depuis jeudi soir entre les membres du Conseil de sécurité justement réunis pour débattre du conflit au Soudan.

En toute fin de réunion, « coup de théâtre » selon l’ONU lorsque le représentant de Khartoum « annonce la décision du Gouvernement soudanais, à savoir la fin de la Mission« .

D’après Al-Harith Idriss Al-Harith, la Minuats « ne répond plus aux besoins et priorités » de son pays. Il a toutefois assuré que Khartoum « continuera à travailler de manière constructive avec les Nations Unies ». Stéphane Dujarric a rappelé lors de son point presse quotidien que la Minuats devait de toute façon être éventuellement reconduite par une résolution du Conseil de sécurité d’ici au 3 décembre 2023.

Et « le secrétaire général a nommé Ian Martin pour conduire une étude stratégique de la mission de l’ONU au Soudan afin de fournir au Conseil de sécurité des options sur la manière d’adapter son mandat », a commenté le diplomate.

Le patron de l’ONU a également nommé un diplomate algérien, Ramtane Lamamra, son « émissaire personnel pour le Soudan », a ajouté M. Dujarric en promettant « la poursuite de l’implication » des Nations unies « avec tous les protagonistes, autorités soudanaises et membres du Conseil de sécurité, afin de clarifier les prochaines étapes ».

Jeudi soir devant le Conseil, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, Martha Ama Akyaa Pobee, avait dénoncé l’élargissement du conflit au Soudan à d’autres régions du pays, qui détient déjà le nombre le plus élevé au monde de personnes déplacées.

Après près de sept mois de conflit entre l’Armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohamed Hamdane Daglo, « presque 25 millions de personnes au Soudan ont désormais besoin d’aide humanitaire », avait relevé lundi 13 novembre le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Martin Griffiths.

Déclenchée le 15 avril, cette guerre entre l’armée et les paramilitaires a fait plus de 10.000 morts selon une estimation de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), considérée comme très largement sous-estimée.

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