Acquis de Wadagni au Niger et au Faso pour qu’il n’y ait plus d’eau dans le gaz

Afriquinfos Editeur
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Les Présidents Wadagni et Tiani (DR)

Niamey (© 2026 Afriquinfos)-  Contrairement à son prédécesseur Patrice Talon, qui est resté braqué sur sa position, Romuald Wadagni a mis en marche sa promesse de rompre les tensions diplomatiques entre le Bénin et les pays de l’AES. Quelques jours seulement après son investiture, le Président béninois Romuald Wadagni a fait de Niamey et de Ouagadougou ces premières visites officielles ce 2 juin, après s’être rendu d’abord au Nigéria ce lundi 1er juin.

Après le Nigeria le lundi, Romual Wadagni s’est rendu au Niger où il a été reçu par son homologue, le général Abdourahamane Tiani.  Au cours de leurs entretiens, les deux dirigeants, ont exprimé leur engagement à œuvrer à la levée de tous les obstacles entravant le renforcement de la coopération entre leurs deux pays, notamment la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, selon un communiqué conjoint publié mardi à l’issue de la visite du président béninois à Niamey.

A cet effet, un comité d’experts chargé d’identifier ces obstacles et de proposer des solutions pour les lever a été mis en place. Le comité dispose d’un délai de quinze jours pour soumettre son rapport aux deux chefs d’Etat, précise le communiqué.

Au cours de leurs entretiens, les deux dirigeants se sont félicités des relations anciennes de fraternité, d’amitié et de coopération qui unissent le Niger et le Bénin. Ils ont également réaffirmé leur volonté commune de « dynamiser la coopération bilatérale afin de la hisser à la hauteur de leurs ambitions et des attentes légitimes de leurs peuples respectifs, qui aspirent à la paix, à la sécurité et au développement« .

Sur le plan sécuritaire, les deux Présidents ont évoqué la menace terroriste au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Ils ont réaffirmé leur détermination à unir leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et le banditisme qui sévissent depuis plusieurs années dans la sous-région et compromettent la mise en œuvre effective des programmes de développement de leurs pays.

Convaincus de la nécessité de renforcer la coopération politique, économique, scientifique et culturelle entre le Niger et le Bénin, les deux chefs d’Etat sont convenus d’intensifier les échanges à tous les niveaux, notamment à travers la tenue régulière de la Commission mixte de coopération nigéro-béninoise.

Cette visite de travail de haut niveau, qui intervient une semaine seulement après l’investiture du président béninois, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays voisins.

Partageant une frontière commune de plus de 270 kilomètres, le Niger et le Bénin entretiennent des liens de coopération depuis de longues années. Mais depuis le 26 juillet 2023, suite au coup d’Etat militaire intervenu au Niger, les relations diplomatiques entre les deux pays se sont dégradées.

Les nouvelles autorités nigériennes n’avaient pas apprécié l’application stricte par le Bénin des sanctions de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment la fermeture des frontières terrestres et aériennes, ainsi que la rupture des transactions économiques entre les pays de l’organisation sous-régionale et le Niger en protestation au coup d’Etat.

La situation s’est davantage détériorée quand le Bénin a accueilli les soldats français ayant quitté le Niger suite à la rupture de la coopération militaire entre Niamey et Paris. Tout en maintenant la fermeture de la frontière terrestre avec le Bénin, les autorités nigériennes ont aussi dénoncé l’accord de coopération militaire signé le 11 juillet 2022 entre Niamey et Cotonou dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Cap sur le Burkina Faso

Dans cette même veine d’arranger les choses, le Président Wadagni s’est rendu ce même mardi au Burkina Faso après Niamey, où il s’est entretenu avec Ibrahim Traoré. Le Burkina Faso et le Bénin ont ainsi souligné à Ouagadougou la nécessité de renforcer leur coopération face aux défis sécuritaires dans la sous-région, selon un communiqué conjoint publié à l’issue de la visite du nouveau dirigeant.

D’après le communiqué, M. Wadagni et le Président burkinabè, Ibrahim Traoré, ont insisté sur l’importance de la coopération, de la solidarité et de la concertation entre Etats voisins face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière organisée et à l’extrémisme violent.

M. Wadagni et son homologue burkinabè, Ibrahim Traoré, ont également réaffirmé leur engagement en faveur de la paix, de la stabilité et du développement durable dans l’espace ouest-africain.

Sur le plan économique, ils se sont félicités des perspectives de coopération dans plusieurs domaines, notamment le commerce, l’industrie, l’artisanat, la formation technique et professionnelle, les infrastructures de transport, la logistique, le transit et les investissements entre les deux pays.

Les deux chefs d’Etat ont par ailleurs chargé leurs ministres des Affaires étrangères de prendre les dispositions nécessaires en vue de la tenue de la 5e session de la Grande Commission mixte de coopération entre les deux pays.

Le Bénin et le Burkina Faso avaient des accords qui permettaient aux soldats d’intervenir en synergie, de part et d’autre, pour mettre en déroute les groupes terroristes. Depuis que les relations sont devenues difficiles, ces accords ont été rompus. Ce manque de synergie entre le Bénin et ses voisins rend la lutte contre le terrorisme très complexe.

Pour le président Romuald Wadagni, « dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble. Je veux donc réitérer la disponibilité du Bénin à agir de concert avec eux pour venir à bout de ce fléau. Je veux leur dire ma conviction qu’ensemble avec eux, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique et en veillant surtout à leur bonne exécution », avait-t-il indiqué.

La cérémonie d’investiture du Président Wadagni a été marquée par la présence très remarquée des représentants de l’Alliance des États du Sahel, et tout particulièrement du Premier ministre nigérien.

Le président béninois est également annoncé au Togo, Côte d’Ivoire et au Ghana.

Vignikpo Akpéné